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À Lubumbashi , les moto-taxis jouent un rôle essentiel dans le désenclavement des quartiers difficiles d'accès et constituent une alternative rapide face à la saturation des transports urbains. Toutefois, la méconnaissance du code de la route par certains conducteurs demeure une source majeure d' insécurité routière pour les usagers. Afin de renforcer les compétences des conducteurs et de promouvoir un travail décent dans un secteur largement informel , plus de 80 moto-taximens , issus de différentes associations de la ville, ont suivi une formation d'un mois , clôturée début novembre à l' Institut National de Préparation Professionnelle (INPP) , partenaire de cette initiative. Le programme de formation, spécialement conçu pour répondre aux réalités du secteur, a couvert plusieurs thématiques clés, notamment : le code de la route et la réglementation routière, l' entretien des motos et les notions de mécanique de base , la prise en charge des clients , ainsi que les bases de la gestion financière . En renforçant la professionnalisation des moto-taxis, cette initiative contribue à l'amélioration durable de la sécurité routière , à la qualité des services offerts aux usagers et à la valorisation des métiers de la mobilité urbaine à Lubumbashi.
Lors de la séance de restitution des premiers résultats, tenue du 27 au 28 novembre , le professeur Koen Dewettinck , expert en transformation du cacao, a mis en lumière la complexité du processus de fabrication d'un chocolat de qualité . Celui-ci repose sur une chaîne rigoureuse allant de la sélection des variétés à la fermentation , au séchage , à la torréfaction , au concassage et enfin au tempérage . L'expert a insisté sur l'importance cruciale du contrôle de la fermentation , étape déterminante dans la formation des arômes, tout en alertant sur les pertes de qualité liées à un séchage mal maîtrisé . Selon lui, la transformation locale du cacao constitue un levier stratégique pour créer davantage de valeur ajoutée et d'emplois en République Démocratique du Congo. « Il n'y a pas de chocolat belge sans cacao de qualité provenant des pays producteurs. Aujourd'hui, avec un prix atteignant 6 000 euros la tonne , la RDC dispose d'une opportunité unique qu'elle doit impérativement saisir », a-t-il souligné. Des résultats prometteurs pour un cacao de fine saveur La dégustation des variétés issues des parcelles expérimentales de la Tshopo a révélé des profils aromatiques fruités, floraux et légèrement boisés , caractéristiques des fins cacaos. Ces résultats partiels confirment le fort potentiel de la région à produire un cacao de haute qualité, à condition de : renforcer la formation des producteurs , structurer durablement les organisations paysannes , et améliorer l' accès aux marchés . Une collaboration scientifique pour repositionner la Tshopo Depuis novembre 2023 , Enabel collabore avec l'Université de Gand afin de renforcer l'ensemble de la chaîne de valeur du cacao dans le paysage de la Tshopo . Cette coopération scientifique vise à repositionner la province comme une région productrice de cacao de fine saveur , capable de se distinguer sur le marché international. À travers la science, la recherche et l'innovation , cette dynamique ouvre la voie à une Tshopo reconnue comme pôle de référence en cacao de qualité et en transformation chocolatière compétitive , au bénéfice des producteurs, de l'économie locale et du développement durable.
Le Gouvernement provincial de la Lomami a procédé, le 26 novembre , à l'installation officielle du Conseil Consultatif Provincial de l'Agriculture (CCPA) , sous la présidence du Vice-Gouverneur et Gouverneur ad intérim, Célestin Kayembe Tshiaj Tshibola . La cérémonie s'est tenue en présence des ministres provinciaux du Plan , de la Décentralisation et de l'Aménagement du territoire , ainsi que de l' Agriculture , témoignant de l'importance stratégique accordée au secteur agricole. Le CCPA constitue un cadre de concertation et de coordination visant à décentraliser la réflexion, la prise de décision et le suivi des politiques agricoles au niveau des entités territoriales. Il promet une gouvernance participative et inclusive , fondée sur l'implication active des autorités locales, des services techniques, des producteurs et des autres parties prenantes du secteur agricole.Cette initiative s'inscrit dans le processus d'élaboration d'une stratégie provinciale de développement agricole , destinée à renforcer les mécanismes d'échanges, à stimuler la production et à contribuer durablement à la sécurité alimentaire de la population lomamienne, confrontée aux défis de la famine et de l'insécurité alimentaire. Des actions concrètes traduisent déjà cette dynamique, notamment le lancement récent de la campagne agricole de la saison B , accompagné de la distribution d'engrais et de matériels agricoles . Ces interventions devraient avoir un impact direct sur l'amélioration des rendements et des conditions de vie des ménages agricoles de la province.
Améliorer la qualité de la gouvernance scolaire constitue un levier essentiel pour renforcer l'accès à une éducation de base de qualité dans la province du Sud-Ubangui. Cet objectif figure au cœur des priorités du projet Edubase , qui a organisé, au début du mois de novembre 2025 , une session de formation à l'intention des chefs d'établissements du primaire et du secondaire . Cette formation visait à harmoniser la compréhension des procédures administratives et pédagogiques, tout en renforçant les capacités des responsables scolaires en matière de gestion. Les échanges ont notamment porté sur la clarification des rôles et responsabilités des acteurs éducatifs , la mise en œuvre de mécanismes efficaces de suivi-évaluation , ainsi que l'intégration d'approches participatives dans la gouvernance des établissements. Pour les participants, cette session a permis de lever de nombreuses incompréhensions. « Avant, certaines notions étaient confuses. Aujourd'hui, j'ai compris qu'une bonne gestion scolaire implique aussi une culture de transparence et de redevabilité, ainsi qu'une collaboration franche avec les parents, la communauté et les instances administratives, notamment l'inspection », témoigne Rose Sawi , directrice de l'École primaire III. En renforçant les compétences des chefs d'établissements, cette initiative contribue à la consolidation d'un système éducatif inclusif et performant dans la province du Sud-Ubangui. Elle ouvre également la voie à une gestion scolaire moderne, centrée sur l'intérêt supérieur de l'élève et l'amélioration durable de la qualité des apprentissages.
Dans le cadre du démarrage opérationnel du Programme Régional de Développement de l’Économie Pastorale en Afrique de l’Ouest et au Sahel (PRADEP-AOS), financé par l’Union européenne et mis en œuvre par Enabel, deux missions ont été conduites au Sénégal (octobre 2025) et en Guinée (novembre 2025) pour ancrer le programme dans les dynamiques nationales du Couloir Ouest.Des partenariats concrets au SénégalAu Sénégal, la mission a permis d’identifier des synergies fortes avec les acteurs du secteur de l’élevage, notamment autour de la Laiterie du Berger, de la Maison des Éleveurs et des services techniques de l’État. Les échanges ont ouvert des perspectives d’actions concrètes sur la production laitière pastorale, l’aliment bétail, la santé animale, la structuration des organisations d’éleveurs et la prévention des conflits liés à la mobilité pastorale.La mission a également renforcé les complémentarités avec les projets Enabel en cours, dans une logique de cohérence et d’impact.Un dialogue institutionnel structurant en GuinéeEn Guinée, les rencontres avec les autorités, les partenaires techniques, les organisations professionnelles et la recherche ont confirmé la pertinence du PRADEP-AOS dans un contexte marqué par des enjeux sensibles de transhumance et de gestion des ressources pastorales. Le programme est perçu comme un levier clé pour accompagner les politiques publiques, renforcer les capacités nationales et promouvoir une approche régionale concertée.Une dynamique régionale en marcheCes deux missions ont posé les fondations d’une mise en œuvre concertée du PRADEP-AOS, fondée sur le partenariat, l’ancrage institutionnel et la valorisation économique du pastoralisme. Le programme s’inscrit ainsi comme un outil structurant au service de la résilience, de la stabilité et du développement durable des territoires pastoraux du Couloir Ouest.
Imagine a health centre in Mali. During a post-deployment follow-up, a child arrives at the Kokry centre showing signs of pneumonia. Unfortunately, an inadequately trained volunteer diagnoses simple malaria and administers an inappropriate treatment. The child’s condition does not improve. During a re-evaluation, an algorithm identifies severe pneumonia, enabling the health worker to correct the initial error. Thanks to this correction, the child finally receives the right treatment and recovers, as confirmed by the parents. Behind this reality lies AleDia, a digital social innovation that improves care and follow-up in certain health centres. This solution helps to make accurate diagnoses and ensure appropriate treatment, thereby reducing the risks linked to medical errors. Faced with the persistent challenges of malnutrition and child mortality, Terre des Hommes has developed AleDia: a Clinical Decision Support Algorithm (CDSA) installed on tablets. With support from Belgium through the Wehubit 2.0 programme, Terre des Hommes aims to replicate this solution in other districts, notably in Markala, Mali.Gender as a strategic pillarBecause children’s health also depends on women’s autonomy, AleDia integrates gender as a strategic pillar. In Malian communities, women are primarily responsible for children’s health, yet they face obstacles: lack of information, limited decision-making power, and social constraints. In response, the AleDia project decided to act on three fronts: Empowering mothers so they better understand care and actively participate in their child’s medical follow-up. Strengthening female health workers through tailored training translated into local languages. They also receive support to overcome barriers linked to their status or level of education. Engaging men through awareness sessions on positive parenting to promote shared responsibilities within families. Kadidiatou: A story of renewed autonomy Kadidiatou Traoré, a Health Practitioner at the Kirango centre, shares: “Before AleDia, it was difficult to follow up on a child during consultations. Without archiving, accessing records was impossible if the Technical Director wasn’t there. Today, thanks to the tablet, I can consult alone, follow the protocol, prescribe without hesitation. I feel autonomous and efficient. When I see children return healthy, I feel valued.” AleDia has also transformed relationships with families: “At first, mothers thought we were playing with the tablet. Now, they ask us to use it. This has strengthened trust and increased attendance at the centre.” Towards real equality Kadidiatou insists: “Women must be counted and recognised as important. They need access to training and real responsibilities. Everything men can do, women should be able to do too. We have the capabilities, provided we are trusted.” Her testimony highlights a major issue: in the Markala district, only two women manage a centre out of twenty. Among the eight structures covered by AleDia, just one woman holds this role.Innovation for lasting changeFor Dramane, AleDia Project Manager : “Innovation only makes sense if it benefits everyone. By integrating gender, AleDia doesn’t just save lives; it reduces inequalities and strengthens women’s autonomy.” AleDia proves that by combining technology and equality, we can build a future where every child has access to quality care and every woman has a recognised role.AleDia is funded by Belgium under the Wehubit 2.0 programme. It is a Terre des Hommes project, supported by the Innovation Hub, which aims to scale the initiative by replicating this model across additional regions in Mali.
La santé mentale constitue aujourd’hui un enjeu majeur de santé publique, longtemps sous-estimé malgré son impact considérable sur le bien-être des individus, la cohésion sociale et le développement socio-économique. Au Burundi, la disponibilité de données fiables et représentatives sur la santé mentale demeure un défi important. C’est pour répondre à cette lacune que le Ministère de la Santé Publique, avec l’appui d’Enabel, l’Agence belge de coopération internationale, à travers le Programme PAREX, réalise la première Enquête nationale sur la santé mentale au Burundi (ESMB) du 04 au 21 décembre 2025. L’ESMB vise à produire des données exhaustives sur la prévalence des troubles mentaux, les facteurs de risque associés, ainsi que sur l’accessibilité et la qualité des services de santé mentale à l’échelle nationale. Elle couvre l’ensemble des provinces du pays et repose sur une méthodologie rigoureuse combinant des enquêtes auprès des ménages, des formations sanitaires et des acteurs clés du système de santé. Les résultats attendus permettront d’orienter les politiques publiques, de renforcer l’intégration de la santé mentale dans les soins de santé primaires et de mieux planifier les ressources humaines, financières et matérielles nécessaires. Au-delà de la collecte des données, la qualité et la crédibilité des résultats reposent sur le respect strict des exigences méthodologiques, éthiques et opérationnelles définies dans le protocole de l’enquête. C’est dans ce cadre qu’une mission conjointe de supervision de terrain a été menée par les équipes du ministère de la Santé Publique, à travers le Programme National de Lutte contre les Maladies Non Transmissibles, et d’Enabel, Programme Santé. Cette mission de suivi technique avait pour objectif d’apprécier la conformité du déroulement de la collecte des données avec le protocole validé, tant au niveau communautaire que dans les formations sanitaires. Les observations effectuées ont mis en évidence une bonne maîtrise des outils de collecte des données, le respect des procédures d’échantillonnage, ainsi qu’une application rigoureuse des principes éthiques, notamment l’obtention du consentement éclairé et la garantie de la confidentialité des informations recueillies. La population rencontrée s’est montrée globalement réceptive et coopérative, témoignant de l’intérêt porté à cette initiative nationale. La supervision a également permis d’identifier certains défis opérationnels, notamment liés à l’accessibilité de certaines zones, et de formuler des recommandations concrètes à l’attention des équipes d’enquête pour la poursuite de la collecte. Cet exercice de suivi conjoint illustre l’importance de la coordination, de la redevabilité et de l’apprentissage continu dans la mise en œuvre d’enquêtes nationales complexes. En soutenant cette première Enquête nationale sur la santé mentale, Enabel réaffirme son engagement pour le renforcement du système de santé et la promotion d’une prise de décision fondée sur des données probantes. Les résultats de cette enquête constitueront une base essentielle pour améliorer durablement la prise en charge de la santé mentale et contribuer au bien-être de la population burundaise.
Mariama fixe le sol de la cour du collège. Dans quelques minutes, elle franchira le portail, non pas pour accompagner sa fille de 14 ans, mais pour elle-même. Pour apprendre. Pour oser parler de ce dont on ne parle jamais. Dans dix collèges d'enseignement général de Parakou et N'dali, une petite révolution est en marche. Avec l'appui d'Enabel à travers le projet P@SRIS II et la contribution du Ministère de la Santé, des parents comme Mariama ont désormais leur propre école : l'École des Parents. Un espace où le silence pesant autour de la santé sexuelle des adolescents commence enfin à se briser.Les chiffres parlent d'eux-mêmes et racontent une histoire que beaucoup préfèrent ignorer. Au Bénin, une adolescente sur cinq a déjà commencé sa vie reproductive. À 19 ans, près de la moitié des jeunes filles ont entamé leur vie féconde. Derrière ces statistiques se cachent des rêves interrompus, des parcours scolaires abandonnés, des vies bouleversées. Pourtant, dans les familles, le silence règne. Comment parler de la puberté, de règles, de sexualité ? Comment aborder ces sujets sans gêne, sans tabou, sans transmission de peur ? La plupart des parents se sentent démunis, prisonniers d'une éducation qui leur a appris à se taire sur ces questions essentielles.Un espace de libération et d'apprentissageL'École des Parents n'est pas une salle de classe traditionnelle. Ici, pas de notes, pas de jugement, pas de leçons moralisatrices. Juste un cercle de chaises, des facilitateurs bienveillants et des parents qui osent enfin dire : "Je ne sais pas comment faire."Dans cet espace sécurisé, les échanges prennent vie. On y apprend à dialoguer avec ses enfants, à comprendre les bouleversements de la puberté, à parler d'hygiène corporelle sans détour. On y découvre comment aborder les sujets délicats : le harcèlement scolaire, les violences basées sur le genre, la prévention des grossesses précoces et des IST-VIH.Les parents explorent aussi des territoires moins attendus mais tout aussi cruciaux : la répartition équitable des tâches ménagères pour briser les stéréotypes de genre, les codes vestimentaires sans culpabilisation, le respect du consentement et le droit de dire non.Des outils concrets pour un changement réelLa force de cette initiative réside dans son approche pratique. Les facilitateurs formés ne se contentent pas de transmettre des informations. Ils organisent des simulations, des jeux de rôles, des travaux de groupe. Les parents s'exercent à tenir ces conversations difficiles, testent des phrases, partagent leurs inquiétudes et leurs réussites."Comment commencer une discussion sur les règles avec ma fille ?" "Que dire à mon fils sur le respect des filles ?" "Comment réagir si mon adolescent me parle de sexualité ?" Ces questions, longtemps conservées sans réponse, trouvent ici un espace d'exploration collective.L'approche vise trois transformations majeures : éveiller une prise de conscience chez les parents sur leur rôle crucial, renforcer leurs compétences éducatives concrètes, et promouvoir un nouveau modèle de parentalité adapté aux défis contemporains.Dans les dix collèges concernés, l'École des Parents est désormais opérationnelle. Les premières séances d'animation avec les parents ont commencé, créant une nouvelle dynamique au sein des communautés éducatives.Les témoignages affluents déjà. Des mères qui, pour la première fois, ont pu parler ouvertement de menstruation avec leurs filles. Des pères qui comprennent mieux les changements émotionnels de leurs adolescents. Des parents qui se sentent enfin légitimes et outilslés pour accompagner cette période si délicate de la vie de leurs enfants.Au-delà des individus, c'est toute une culture du dialogue qui s'installe progressivement. Les tabous reculent. La communication parent-enfant se renforce. Les adolescents se trouvent en leurs parents des alliés informés plutôt que des gardiens silencieux.Dans le département du Couffo aussi, le dialogue familial reprend ses droitsPendant que l'École des Parents transforme les pratiques éducatives à Parakou et N'dali, une dynamique similaire s'installe dans le département du Couffo, avec une approche complémentaire : la formation de formateurs professionnels.À l'hôtel Immaculé, 12 assistants sociaux et 6 sages-femmes ont été formés pour animer six écoles pilotes qui accueilleront chacune une quarantaine de parents d'élèves et d'apprentis. Cette stratégie renforce la démarche en intégrant directement les professionnels de la santé et du social dans l'accompagnement parental.Pendant trois mois, ces animateurs professionnels conduiront 12 séances éducatives hebdomadaires autour de sept modules structurés : santé sexuelle et reproductive, développement de l'enfant, prévention des pratiques néfastes, genre, droits de l'enfant et communication bienveillante. Une feuille de route précise a été élaborée, et les parents participants présentent une attestation valorisant leur engagement.Cette approche par les professionnels de la santé et du social dans le Couffo complète efficacement le dispositif des facilitateurs communautaires dans le Borgou et l'Alibori, créant ainsi un maillage territorial solide pour faire du dialogue parent-enfant une réalité dans tout le pays.Vers un nouveau modèle éducatifCette initiative portée par le Ministère de la santé avec l'appui d'Enabel à travers le P@SRIS II représente bien plus qu'une série d'ateliers. C'est un pari sur l'avenir : celui d'une génération d'adolescents mieux informés, mieux protégés, mieux accompagnés.En brisant le silence, en équipant les parents d'outils concrets, en créant des espaces de parole bienveillants, l'École des Parents trace la voie d'une éducation à la santé sexuelle enfin assumée, normalisée, démocratisée. Car comme le dit si bien le principe fondateur de cette initiative : il n'existe pas d'école pour devenir parent, mais aujourd'hui, chaque parent a besoin d'aller à l'école des parents. Pour apprendre, pour grandir, pour accompagner.
Dans la commune de Savè, département des Collines au Bénin, quelque chose d'habituel s'est produit en février 2024. Trois personnes, élues par leur communauté, ont décidé de briser le silence qui entourait trop souvent les violences basées sur le genre. Pas des experts venus de la capitale. Pas des agents de l'État. Juste des membres ordinaires de la communauté, animés par une conviction : que chaque survivante de violence méritait protection, orientation et justice. Ils sont devenus ce qu'on appelle aujourd'hui les « Comités Zéro VBG » et leur histoire pourrait bien transformer la lutte contre les violences de genre dans tout le département.Le déclic : une approche lieu du terrainFatou (nom d'emprunt), membre d'un des premiers comités, se souvient de ce jour où une jeune femme de son quartier est venue frapper à sa porte, le visage tuméfié, ne sachant pas vers qui se tourner. « Avant, nous aurions probablement essayé d'arranger les choses à l'amiable avec la famille. Mais cette fois, nous savons quoi faire. Nous l'avons accompagné au Guichet Unique Protection Sociale, puis au centre de santé, et nous avons assuré le suivi jusqu'au bout. » C'est là toute la force du modèle des Comités Zéro VBG : transformer des citoyens volontaires en véritables relais communautaires, capables d'identifier les cas de violence, d'orienter les survivantes vers les services appropriés tels que les centres de santé, les commissariats, les services sociaux et surtout, de rester à leurs côtés tout au long du processus.Les résultats n’ont pas tardé. Depuis février 2024 à décembre 2025 où cette aventure a démarré avec l'appui du projet EQUITE 2, 248 personnes ont été prises en charge pour ces cas de violences basées sur le genre au Centre Intégré de Prise en Charge (CIPeC) des VBG construit et équipé par le Projet. 43 membres du personnel du CIPeC et de l'hôpital de Dassa dont 30 agents de santé, 2 assistants sociaux, 2 psychologues, 4 officiers de police judiciaire, 1 magistrat et 4 cadres administratifs de l'hôpital ont été formés sur les procédures opérationnelles standardisées. De même, 40 agents de police ont été formés sur l'accueil, l'écoute et la prise en charge des VBG. 144 acteurs communautaires membres des Comités Zéro VBG ont été également formés et 25 acteurs de la Direction Départementale des Affaires Sociales et de la Microfinance des Collines et des Guichets Uniques Protection Sociale sont formés sur la planification opérationnelle, le suivi et l'évaluation des interventions de lutte contre les VBG. Tous les cas de VBG portés à la connaissance des comités ont été référés et suivis. Plus impressionnant encore : la communauté elle-même a commencé à reconnaître et à solliciter ces nouveaux acteurs. Les arrangements à l'amiable, qui maintenaient souvent l'impunité, ont laissé place à des dénonciations et à une véritable collaboration avec les autorités policières.« Ce qui nous a le plus frappés, c'est que les gens ont compris que la violence n'est pas une affaire privée, mais un problème de société », explique un commissaire d'arrondissement ayant participé à l'expérience. « Les comités ont réussi là où parfois les institutions peinaient à créer un climat de confiance. », a -t-il martelé.Le succès des acteurs communautaires inspire les institutionsL'impact a été tel que la Direction Départementale des Affaires Sociales et de la Microfinance des Collines (DDASM) a décidé de faire de cette initiative pilote une stratégie départementale. En décembre 2024, les commissaires d'arrondissement, représentants des Guichets Uniques Protection Sociale, ONG spécialisées et les huit comités pionniers, devenus de véritables experts communautaires, se sont réunis pour un atelier historique. Objectif : capitaliser sur cette expérience, affiner le modèle et tracer la voie pour son extension à l'ensemble du département des Collines et à la zone sanitaire de Tchaourou.« Ce n'est pas souvent qu'une approche développée au niveau local convainc les autorités départementales au point qu'elles décident de l'adopter formellement », souligne Mme Aziza Souleymane Experte Genre & Santé au projet EQUITE II, financé par l'Agence Française de Développement et mis en euvre par Enabel. « C'est la preuve que lorsque les solutions viennent des communautés elles-mêmes, elles ont plus de chances de durer. », a-t-elle ajouté. Les sessions de discussion ont permis d'aller plus loin que le simple constat de réussite. Ensemble, tous les acteurs des institutions de la société civile et des comités communautaires ont co-construit une méthodologie standardisée, élaboré des outils pratiques et défini une feuille de route claire jusqu'en 2027. Cette démarche participative garantit que le modèle pourra être fidèlement répliqué tout en s'adaptant aux réalités de chaque commune. Elle marque aussi une étape décisive vers l'institutionnalisation de l'approche, gage de pérennité au-delà du projet EQUITE II.L'effet domino : vers un département zéro VBGLes prochains mois s'annoncent décisifs. Le modèle sera étendu progressivement à toutes les communes du département. Des visites de terrain avec les autorités départementales sont prévues pour renforcer le plaidoyer en faveur d'un financement durable de la lutte contre les VBG. Un référentiel de mise en œuvre sera élaboré pour servir de guide à toutes les futures réplications. Mais au-delà des plans et des documents officiels, c'est une culture véritable du refus de la violence qui est en train de naître. Dans les marchés, les écoles, les centres de santé de Savè, on parle désormais ouvertement du VBG. On connaît les membres des comités. On sait qu'il existe des recours, que personne ne doit rester seul face à la violence. L'histoire des Comités Zéro VBG de Savè démontre une vérité simple mais puissante : le changement social durable ne peut se décréter d'en haut. Il naît lorsque les communautés elles-mêmes deviennent actrices de leur transformation, soutenues par des institutions qui croient en leur capacité d'agir. Fatou, qui continue ses activités bénévolement au sein de son comité, résume bien cet espoir : « nous ne sommes pas des super-héros. Nous sommes juste des gens qui ont décidé de ne plus fermer les yeux. Et quand toute une communauté décide ça, les choses changent vraiment. »Dans les Collines du Bénin, une révolution silencieuse est en marche. Et elle porte un nom : Zéro VBG.
Dans les villages de Parakou et N'dali, au nord du Bénin, les chiffres parlent d'eux-mêmes. Les violences basées sur le genre frappent silencieusement, jour après jour. Les femmes hésitent à utiliser la contraception, souvent par crainte du regard ou de la réaction de leur conjoint. Les tensions conjugales éclatent, parfois violemment. Et dans cette spirale, ce sont des familles entières qui souffrent. Face à cette réalité, une question s'impose : comment briser ce cycle ? La réponse du projet P@SRIS II d'Enabel en collaboration avec le ministère de la santé est aussi audacieuse qu'innovante : impliquer les hommes comme alliés du changement, et non les pointeurs comme seuls responsables.Une double stratégie au cœur des communautésLoin des bureaux climatisés, c'est sur le terrain, au plus près des réalités villageoises, que P@SRIS II a déployé une approche inédite. Après un diagnostic minutieux révélant 31 villages marqués par une récurrence inquiétante de violences basées sur le genre et 10 autres où la contraception reste taboue, le projet a mis en place deux dispositifs complémentaires. D'un côté, 31 comités de veille VBG se sont constitués. Composés d'hommes et de femmes de la communauté, ces sentinelles du quotidien ont pour mission de détecter les signaux d'alerte, d'accompagner les victimes, de faciliter les médiations et d'orienter les cas vers les structures compétentes. Ils sont les yeux et les oreilles qui veillent, les mains qui soutiennent. De l'autre, 10 Clubs des Hommes et Femmes Modèles ont vu le jour. Leur raison d'être ? Promouvoir une masculinité positive, celle qui célèbre la force dans l'empathie, le courage dans la vulnérabilité, et la virilité dans le respect. Ces clubs deviennent des espaces de dialogue où les hommes apprennent à déconstruire les stéréotypes qui les enferment autant qu'ils oppriment leurs compagnes.Former pour transformer163 acteurs du changement, 93 membres de comités de veille et 70 ambassadeurs de la masculinité positive ont été formés et outillés. Mais ces formations vont bien au-delà de la simple transmission de connaissances techniques. Dans les salles de formation, les discussions ont été intenses, parfois inconfortables. Des hommes ont partagé comment ils ont grandi avec l'idée qu'un "vrai homme" ne pleure pas, ne consulte pas sa femme sur les décisions familiales, et impose sa volonté. Des femmes ont raconté les violences silencieuses qu'elles endurent, mais aussi leur espoir de voir leurs fils grandir différemment. Ces échanges ont permis de comprendre que les violences basées sur le genre ne sont pas une fatalité culturelle, mais le produit de normes sociales qui peuvent et doivent évoluer. Les participants ont découvert qu'ils peuvent être des modèles alternatifs dans leurs communautés, des voix qui portent un autre récit de ce que signifie être un homme ou une femme au XXIe siècle.Une vision convergente pour les Objectifs de Développement DurableCette initiative s'inscrit dans l'ambition partagée par Enabel et le gouvernement béninois d'accélérer l'atteinte des ODD liés à la santé, au bien-être et à l'égalité des sexes. Alors que nous sommes à mi-parcours de l'Agenda 2030, les défis persistants : accès limité à la contraception, qualité des soins inégale, violences encore trop souvent banalisées. Mais P@SRIS II ne se contente pas de constater. Le projet pose un acte de foi dans la capacité des communautés à se transformer de l'intérieur, quand elles sont soutenues et outillées. Il reconnaît que les droits sexuels et reproductifs ne peuvent progresser sans l'adhésion et l'engagement actif des hommes.Le rôle central des hommes : de spectateurs à acteursPourquoi impliquer les hommes ? Parce que l'égalité de genre n'est pas une affaire de femmes. Parce que les hommes sont aussi prisonniers de modèles de masculinité toxiques qui les coupent de leurs émotions, de leurs proches, de leur humanité. Parce qu'ils peuvent être, et sont déjà des pères, des époux, des frères qui veulent mieux pour leurs filles, leurs compagnes, leurs sœurs. Dans les villages de Parakou et N'dali, des hommes commencent à parler autrement. Ils acceptent que leurs épouses utilisent la contraception. Ils participent aux tâches ménagères. Ils s'interviennent quand un voisin lève la main sur sa femme. Ils deviennent des modèles de masculinité positive, celle qui protège sans dominer, qui aime sans posséder, qui guide sans imposer. Les graines du changement sont plantées. Dans deux mois, les équipes de P@SRIS II retourneront sur le terrain pour observer ces 163 acteurs en action : comment les comités de veille gèrent-ils les cas de violences ? Les modèles de clubs d'hommes et de femmes arrivent-ils à influencer les normes sociales dans leurs villages ? Quels obstacles rencontrent-ils ? Cette supervision ne sera pas un simple contrôle, mais un moment d'apprentissage mutuel, d'ajustement des stratégies et de célébration des premières victoires. Car chaque homme qui refuse la violence, chaque femme qui accède à la contraception sans crainte, chaque enfant qui grandit dans un foyer plus égalitaire est une victoire.Une transformation qui commence dans les cœursL'histoire de ces changements à Parakou et N'dali nous rappelle une vérité essentielle : le changement social ne se décrète pas, il se construit patiemment, pas à pas, dans les conversations entre voisins, dans les décisions familiales, dans les gestes du quotidien.En mettant sur la masculinité positive et en structurant des dispositifs communautaires de veille, le projet fait le pari audacieux que les communautés elles-mêmes détiennent les clés de leur émancipation. Il ne s'agit pas d'imposer des valeurs extérieures, mais d'accompagner l'émergence de nouvelles normes, plus justes, plus humaines, plus durables. Parce que lutter contre les violences basées sur le genre, c'est aussi libérer les hommes des carcans qui les étouffent. C'est leur offrir la possibilité d'être pleinement humains, vulnérables, aimants, responsables. C'est construire ensemble une société où personne ne doit choisir entre son identité et sa dignité.
Ce jour-là, au CEG Ouorgui, dans la commune de Savè personne n'a oublié la scène.Au moment d'ouvrir la cérémonie de distinction des élèves meilleures filles, Aïcha, une élève timide de troisième, lève doucement la main : « madame… pourquoi est-ce que nous, les filles, sommes si peu ici ? ». Un silence s'installe. La question, simple et poignante, résume à elle seule la réalité des filles scolarisées en milieu rural. Derrière les sourires, les trophées et les écharpes de distinction, une vérité douloureuse s'impose : malgré les efforts déployés, de plus en plus de filles disparaissent du système éducatif au fil des classes.C'est dans ce contexte que la préfecture du département des Collines, accompagnée du projet EQUITE 2, financé par l'Agence Française de Développement « AFD » et mis en œuvre par l'Agence Belge de Développement « Enabel » a organisé une cérémonie exceptionnelle pour mettre en lumière l'excellence féminine et révéler les défis encore trop méconnus de l'éducation des filles en milieu rural.L'événement a rassemblé des autorités départementales, responsables communaux, enseignants, parents et femmes leaders lieux témoigne de leur parcours et encourage les filles à poursuivre leurs études. Mais au fur et à mesure que les résultats scolaires étaient annoncés, le tableau s'est obscurci : aucune fille de terminale n'a atteint la moyenne requise pour être primée; en classe de troisième, la meilleure élève affiche seulement 9/20; les effectifs féminins chutent drastiquement à mesure que l'on avance dans le cursus. Ce constat, brutal mais nécessaire, a transformé la cérémonie en un véritable espace de réflexion collectif.Un dialogue franc qui débouche sur des engagements concretsFace aux performances inquiétantes et à la faible représentativité des filles, les échanges ont rapidement évolué vers une discussion de fond impliquant, les autorités, les enseignants et les dirigeants communautaires. Les défis de responsabilité évoqués sont bien connus mais souvent sous-estimés : mariages et grossesses précoces sûres, pauvreté et fuite de parentale, absence d'espacess pour les jeunes, faible estime de soi, manque d'encadrement sur les questions de leadership, poids des normes sociales exercées.À l'issue de ces discussions, une feuille de route a été élaborée, assortie d'engagements à l'échelle communautaire, institutionnelle et départementale pour renforcer l'accès, le maintien et la réussite des filles à l'école.En soutenant cette initiative, le projet EQUITE 2 s'inscrit dans une démarche plus large : promouvoir l'égalité des chances, renforcer les systèmes éducatifs locaux et mobiliser les autorités afin que l'éducation des filles devienne une priorité partagée, non plus seulement un discours. Car chaque fille qui reste à l'école est une future citoyenne, une future actrice du développement, un moteur pour sa communauté.
Dans les couloirs des maternités de Parakou-N'Dali, un changement profond est en marche.Pendant longtemps, trop de femmes arrivaient pour donner la vie… et repartaient sans la leur. L'hémorragie post partum restait un ennemi redoutable, et dans les centres de santé, le dépistage du cancer du col de l'utérus demeurait quasiment absent.Face à cette réalité, le Ministère de la santé avec l'appui d'Enabel à travers le projet P@SRIS II, a choisi d'agir là où l'impact immédiat serait : renforcer la qualité des soins et rendre la prévention accessible à toutes.Dans de nombreuses maternités, l'absence de matériel essentiel ou de personnel suffisamment formé rend les complications dangereusement imprévisibles.Le P@SRIS II a donc lancé une dynamique structurante :• équiper les salles d'accouchement en dispositifs SONU (Soins Obstétricaux Néo nataux d'Urgence),• présenter des solutions innovantes comme le tamponnement intra utérin au préservatif (TIUB) et le drap calibré,• accompagner les prestataires à travers un mentorat clinique intensif, se concentrer sur la pratique réelle et la maîtrise du geste technique,• suivre régulièrement la qualité des soins dans trente centres pour garantir des progrès constants.Les résultats parlent d'eux mêmes : - 88 % des formations sanitaires disposant désormais de matériel SONU complet,- 90 % sont équipés pour faire face aux hémorragies, et - 81 % des cas d'hémorragie Post Partum (HPP) sont pris en charge efficacement.Derrière ces chiffres se cachent des histoires de mères sauvées et de nouveaux nés accueillis dans des conditions bien plus sûres.Protéger avant qu'il ne soit trop tard : le réveil face au cancer du colPendant que les équipes renforçaient l'urgence, un autre danger, silencieux, continuait de gagner du terrain : le cancer du col de l'utérus. Les constats étaient alarmants : très peu de femmes dépistées, aucun dépistage intégré en consultation prénatale, et des ruptures d'intrants pendant des mois. En collaboration avec le Ministère de la Santé, le programme P@SRIS II a alors engagé un véritable virage :• disponibilité continue des kits de dépistage,• intégration systématique du test lors de la première consultation prénatale,• des campagnes de sensibilisation pour encourager les femmes à se faire dépister,• renforcement des équipes sur l'accueil, la dignité et la communication.Avec cet appui, les centres dépistent à nouveau, les prestataires sont mobilisés, et 80 % des femmes expriment une satisfaction élevée de la qualité humaine des services reçus.Un même objectif : sauver, protéger, prévenirEn renforçant les SONU et en faisant du dépistage du cancer du col une pratique routinière, le P@SRIS II contribue à écrire une nouvelle page pour la santé maternelle dans la Zone Sanitaire Parakou-N'Dali. Une page où l'urgence est mieux maîtrisée, où la prévention devient un réflexe, et où chaque femme peut recevoir les soins qu'elle mérite avec compétence, respect et dignité.
Grand-Popo, octobre 2025 , Docteur Adjoavi (non d'emprunt) fixe l'écran devant elle. Le tableau de bord numérique retrace le parcours d'une mère qu'elle n'a pas pu sauver trois mois plus tôt. Mais cette fois, personne ne la juge. Le système lui montre où l'ensemble de la chaîne de soins a failli et surtout, comment éviter que cela se reproduise. C'est la promesse d' eQuapitalise , la plateforme numérique finalisée lors d'un atelier décisif les 30-31 octobre à Grand-Popo, fruit du partenariat entre le CERRHUD et l'Agence belge de coopération internationale « Enabel » à travers le projet Programme d'appui à la santé sexuelle et reproductive et à l'information sanitaire P@SRIS II. Le problème : des audits qui paralysent au lieu de sauverAu Bénin, chaque décès maternel ou néonatal déclenche théoriquement un audit. Dans la réalité, c’est souvent une chasse au coupable. « On cherche la sage-femme de garde, le médecin absent, l'erreur individuelle », confie Mme Gyslaine, sage-femme rencontrée au centre de santé d'Akassato dans le département de l'Atlantique. « Puis on range le rapport dans un tiroir. Les mêmes dysfonctionnements se répètent, mais les équipes ont été informées à se taire. », a-t-elle indiqué. Résultat ? Une culture du silence où les leçons ne sont jamais vraiment tirées. Les ruptures de stock persistantes. Les protocoles défaillants restent en place. Et derrière chaque statistique, des drames humains qui auraient pu être évités.La solution : une révolution systémique et numériqueeQuapitalise digitalise la méthodologie de la « Revue à Haut Impact », une approche qui change radicalement la donne. Au lieu de chercher un coupable, elle analyse le système dans son ensemble : disponibilité des ambulances, gestion des stocks de médicaments, communication inter-services, compétences du personnel. L'innovation majeure avec cette plateforme, est qu'elle ne se concentre pas uniquement sur les échecs. Elle capitalise aussi les succès. Une sage-femme qui a brillamment géré une hémorragie, son protocole devient une référence partagée. Un centre de santé sans rupture de stock, son système de gestion inspire les autresLa plateforme offre trois avancées décisives :- une analyse systémique : chaque cas critique est décoré pour identifier les maillons faibles de toute la chaîne de soins, du village à l'hôpital régional;- la capitalisation des bonnes pratiques : pour la première fois, les réussites sont documentées avec autant de rigueur que les échecs et transformés en modules de formation.- la redevabilité sans punition : les données sont anonymisées au niveau individuel mais agrégées institutionnellement, permettant d'améliorer le système sans stigmatiser les personnes. L'impact : chaque leçon sauve des vies Pour les soignants, fini la peur de l'audit. Place à un système qui les accompagne, les forme en continu et valorise leurs réussites. Pour les gestionnaires, c'est un outil de pilotage en temps réel qui permet d'anticiper les crises, d'allouer les ressources efficacement et de prendre des décisions basées sur des données fiables. Pour les familles béninoises, c'est l'espoir concret que chaque accouchement se déroule dans les meilleures conditions, que chaque mère et chaque nouveau-né bénéficie de soins de qualité. « Notre ambition est claire », explique Wilfried NASSARA, expert Digitalisation et Santé au projet P@SRIS II. Selon lui, cette plateforme permettra de transformer chaque décès évitable en une leçon qui sauve des vies. Ce qui implique désormais de Passer d'une logique punitive à un apprentissage continu., at-il ajouté. Porté par Enabel, P@SRIS II fait du numérique un levier d'équité et d'efficacité dans le système de santé béninois. De la télémédecine à la gestion électronique des dossiers patients, chaque innovation technologique est pensée pour servir d'abord à ceux qui en ont le plus besoin.
Dans la cour du CEG Guêma, 4 400 élèves se croisent chaque jour. Parmi eux, six jeunes filles ont vu leur scolarité interrompue en 2023 par une grossesse précoce. Enseignante depuis quinze ans au CEG Guêma, Madame Sanni a vu trop de jeunes filles quitter les bancs de l'école, le ventre rond et les rêves en suspens. Une réalité qui se répète dans les dix collèges de Parakou et N'Dali. Mais depuis juin 2025, quelque chose change : enseignants, parents, élèves et autorités locales ont décidé d'agir ensemble. Les 24 et 25 juin 2025, plus de 35 acteurs du Borgou se sont réunis à Parakou. Autour de la table : des enseignants fatigués de voir leurs élèves abandonner l'école, des parents inquiets mais parfois démunis face aux questions de leurs enfants, des directeurs d'établissement cherchant des solutions concrètes, et des jeunes réclamant une éducation qui leur parle vraiment. Organisée par Enabel et l'Institut National d'Ingénierie de Formation et de Renforcement des Capacités des Formateurs (INIFRCF), cette session n'était pas une simple réunion de plus. C'était une invitation à co-construire une réponse collective à un défi majeur : comment permettre aux adolescents du Borgou de grandir en sécurité, informés de leurs droits sexuels et reproductifs, capables de faire des choix éclairés ? Une approche qui rompt avec les habitudes Fini les cours magistraux descendants et mal à l'aise. Place à une approche hybride qui combine formation en ligne via une plateforme numérique développée par l'INIFRCF, et accompagnement humain sur le terrain. Les enseignants ne seront plus seuls : des tuteurs locaux les soutiendront, et des comités de veille seront créés dans chaque établissement. Mais la vraie innovation, c'est d'avoir compris qu'on ne peut pas parler de santé sexuelle aux jeunes sans impliquer tout leur écosystème. Des « écoles des parents » verront le jour pour accompagner les familles. Des outils ludiques tels que le forum théâtre, les podcasts, l'application CareX permettront aux adolescents d'explorer ces sujets sans tabou. Et les communautés, via des partenaires comme Terres Rouges Bénin et l'ABPF, seront mobilisées pour que le dialogue intergénérationnel devienne possible. « Pour la première fois, j'ai senti qu'on ne me demandait pas seulement de transmettre un programme. On m'a donné les moyens d'agir : une plateforme de formation en ligne que je peux à mon rythme, un tuteur local pour m'accompagner, des outils concrets pour parler aux jeunes sans tabou », a confié Madame Sanni. L'Application CareX, les podcasts, théâtre forum créé par les élèves, les comités de veille associés parents et jeunes : le projet P@SRIS-2 déploie une panoplie d'approches pour que l'éducation sexuelle ne soit plus un cours gênant donné du bout des lèvres,mais un espace de dialogue, de respect et de droits. «Mes élèves ne veulent pas qu'on leur fasse la morale. Ils veulent des réponses claires, des informations fiables, et surtout : être écoutés. C'est exactement ce que ces outils permettent », explique Madame Sanni.48 grossesses en 2023 : un chiffre à transformer en espoirDans les dix collèges pilotes sélectionnés, 48 grossesses précoces ont été enregistrées en 2023. Derrière chaque chiffre, une trajectoire brisée, un rêve suspendu. L'objectif du projet P@SRIS-2en collaboration avec les Ministères de la santé, des Affaires Sociales et de la Microfinance est clair : réduire drastiquement ce nombre d'ici 2027, tout en renforçant les compétences de vie de milliers d'adolescents. Le CEG Guêma, avec ses 6 cas, devient un symbole. Non pas de l'échec, mais du potentiel de transformation. Car c'est là, dans ces établissements où les défis sont les plus grands, que l'impact peut être le plus profond. Le défi est immense, l'ambition à la hauteur. D'ici 2027, le projet vise à réduire drastiquement le nombre de grossesses précoces tout en renforçant les compétences de vie de milliers d'adolescents du Borgou. Madame Sanni, elle, s'est fixé un objectif plus personnel : « Je veux que mes élèves de cette année arrivent en terminale. Toutes. Sans interruption. Avec leurs rêves intacts ». Et pour la première fois depuis longtemps, elle y croit vraiment.Une promesse qui se construit jour après jourLes parents ont peur d'aborder ces questions. Ils pensent que parler de sexualité, c'est encourager les jeunes à passer à l'acte. Mais c'est l'inverse : c'est le silence qui tue », résume un participant de l'atelier. « Cette fois, nous ne laissons personne de côté. Parents, enseignants, élèves scolarisés et non-scolarisés, leaders communautaires : tous ont leur place dans cette dynamique. L'Éducation à la Santé Sexuelle ne sera plus un sujet technique réservé aux spécialistes, mais un levier de dialogue, de dignité et de droit. À Parakou, un collectif dynamique est en marche. Portée par des enseignants comme Madame Sanni, des parents qui osent briser le silence, des jeunes qui réclament leurs droits, et des institutions qui mettent les moyens.L'éducation à la santé sexuelle n'est plus un sujet technique. C'est devenu une promesse : celle d'un avenir où chaque adolescent du Borgou pourra choisir sa vie, en toute connaissance de cause.
Dans les couloirs des hôpitaux du Borgou, chaque minute compte. Derrière chaque vie sauvée d'une hémorragie ou d'une complication sévère, se cache un maillon essentiel mais souvent invisible : le centre de transfusion sanguine. Imaginez une équipe médicale prête à intervenir, mais dont les mains sont liées. Jusqu'à récemment, le centre de transfusion sanguine du Borgou luttait contre un ennemi silencieux : un plateau technique vieillissant. Avec des équipements défectueux ou hors d'usage, produit du Plasma Frais Congelé (PFC) ou des Concentrés de Plaquettes (CPS), ces composants vitaux pour stopper les dépressions pertinentes du défi quotidien. La volonté était là, mais les outils manquaient. Pour le programme P@SRIS II, financé par Enabel, l'enjeu était clair : moderniser pour sécuriser. En collaboration étroite avec le ministère de la santé et les acteurs locaux, une stratégie de mise à niveau technologique a été déployée. Le centre a été doté d'un arsenal de précision : • une centrifugeuse réfrigérée et un spectrophotomètre pour une séparation parfaite des composants sanguins ; • des balances hémomixeurs et scelleuses électriques pour garantir l'intégrité de chaque poche ; • un agitateur de plaquettes, indispensable à la survie de ces cellules fragiles. Mais l'équipement seul ne suffit pas. Une formation rigoureuse des techniciens a accompagné ces installations, transformant chaque nouvel outil en un levier de performance et de sécurité. Six mois seulement après cette intervention, le changement d'échelle est plus que visible. Ce qui n'était que des statistiques devient une réalité tangible dans les salles d'opération :Indicateur de production Performance 2024 Performance 2025 Progression Plasma Frais Congelé (PFC) 3 466 unités 4 214 unités + 22% Concentrés de Plaquettes (CPS) 3 unités 170 unités Démarrage effectif Aujourd'hui, les hôpitaux du département du Borgou ne subissent plus la pénurie comme une fatalité. Ils disposent des ressources nécessaires pour traiter les urgences vitales avec une réactivité sans précédent. Regarder vers l'avenir Si le succès est au rendez-vous, le combat pour l'excellence continue. Pour que cette chaîne de survie atteigne son plein potentiel, de nouveaux défis nous attendent, notamment l'acquisition d'un congélateur 40°C pour une conservation optimale à long terme. Le partenariat entre Enabel et le département du Borgou prouve qu'en alliant technologie moderne et expertise humaine, nous pouvons transformer durablement le système de santé. Parce qu'au bout de chaque poche de sang, il y a un sourire qui revient à la vie.