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  • Des solutions locales pour des défis locaux : une dynamique collective des PTFs engagés dans le secteur privé au service de l’entrepreneuriat béninois

    Des solutions locales pour des défis locaux : une dynamique collective des PTFs engagés dans le secteur privé au service de l’entrepreneuriat béninois


    Reece-hermine ADANWENON | 10/06/2026

    Le jeudi 4 juin 2026, les Partenaires Techniques et Financiers engagés dans la promotion du secteur privé ont organisé une visite de terrain pour aller à la rencontre des entreprises qu'ils accompagnent. En tant que chef de file des PTF actifs dans ce domaine, Enabel a facilité cette immersion afin de renforcer le dialogue entre partenaires, mieux comprendre les réalités des entreprises accompagnées et mettre en lumière les initiatives qui contribuent au développement économique durable du pays. De Zè à Tori-Bossito, en passant par Allada, la délégation est allée à la rencontre de trois entreprises béninoises porteuses d'innovation et de transformation : ZOE ROHI Sarl, Blophyto et GABS . Ces visites ont permis de découvrir des entrepreneurs qui, chaque jour, développent des solutions adaptées aux besoins des communautés : transformation agroalimentaire, valorisation des ressources locales, innovation agricole et création d'opportunités économiques. Au-delà des infrastructures et des produits présentés, ce sont surtout des parcours humains qui ont marqué cette journée : des femmes et des hommes engagés, qui démontrent que l'entrepreneuriat local est un véritable moteur de changement. Cette initiative a également offert un espace d'échanges entre les différents partenaires impliqués dans l'accompagnement du secteur privé béninois, parmi lesquels l'Union européenne, la GIZ, l'Agence Française de Développement, l'Ambassade du Canada, l'Ambassade des Pays-Bas, la Banque Ouest Africaine de Développement et l'APEFE. Car le développement durable se construit dans la complémentarité des expertises et des engagements. À travers ces collaborations, Enabel continue de soutenir un secteur privé plus résilient, innovant et créateur de valeur pour le Bénin.


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  • Éduquer pour prévenir : la stratégie innovante portée par la Police républicaine du Bénin et ses partenaires

    Éduquer pour prévenir : la stratégie innovante portée par la Police républicaine du Bénin et ses partenaires


    Osée DOSSOU-HOUEGBE | 09/06/2026

    Face à la persistance des accidents de la route qui touchent particulièrement les usagers vulnérables comme les enfants, la prévention passe désormais par des approches plus pratiques et immersives. Au Bénin, la Police républicaine, avec l’appui d’Enabel et de l’Union européenne, mise sur une stratégie innovante : le circuit d’éducation à la sécurité routière. Ce dispositif pédagogique plonge les élèves de 8 à 14 ans dans des situations concrètes de circulation, leur permettant d’apprendre les règles du Code de la route par l’expérience. Contrairement aux méthodes classiques, cette approche interactive favorise une meilleure compréhension des règles par le jeu et une adoption durable des bons comportements. Au-delà de l’apprentissage individuel, l’initiative s’inscrit dans une logique de changement social et comportemental. Les enfants, une fois sensibilisés, deviennent des relais au sein de leurs familles et de leurs communautés, contribuant à diffuser une culture de sécurité routière. Soutenu par Enabel dans le cadre des projets PAOP II et PRONORD‑PAOP financé par l’Union européenne, ce dispositif traduit une évolution des stratégies de communication : passer de la sensibilisation théorique à l’apprentissage et la vulgarisation par la pratique. Son déploiement progressif dans les écoles du pays vise à ancrer durablement les bons réflexes dès le plus jeune âge. En investissant dans l’éducation routière des enfants, cette initiative pose les bases d’une réduction durable des accidents et d’une responsabilisation collective des usagers de la route.


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  • Au Bénin, Enabel ouvre les portes du secteur maritime et portuaire à 500 jeunes filles dans le département du  Mono

    Au Bénin, Enabel ouvre les portes du secteur maritime et portuaire à 500 jeunes filles dans le département du Mono


    Reece-hermine ADANWENON | 05/06/2026

    Elles rêvaient de devenir géographes, historiennes, médecins ou philosophes. Elles ignoraient que des centaines d'emplois porteurs les attendaient à quelques encablures de leur quotidien, dans les ports, sur les chaînes logistiques, au cœur de l'économie maritime. À Lokossa, Enabel et ses partenaires ont décidé de changer cela.Les 28 et 29 mai 2026, la ville de Lokossa, chef-lieu du département du Mono, a accueilli une grande journée de sensibilisation destinée aux jeunes filles des lycées et collèges de la région. Près de 500 élèves issus de 12 établissements scolaires ont participé à cet événement organisé dans le cadre du Programme de Promotion des Filles et Femmes dans les Métiers Maritimes et Portuaires Perçus comme Masculins (PPFFMMPM).Un constat qui appelle à l'actionAvant de sensibiliser, il fallait écouter. Les organisateurs ont commencé par recueillir la parole de ces jeunes filles sur leurs aspirations professionnelles et leur représentation du travail. Résultat : leurs horizons étaient réels, mais étroits conditionnés par les filières traditionnelles que l'école et la famille leur avaient présentées.  Ce constat illustre une problématique plus large : les cursus de formation peinent à s'adapter aux nouvelles réalités du marché de l'emploi. Des milliers de diplômés quittent les universités béninoises chaque année pour des secteurs saturés, ignorant des filières d'avenir qui, elles, manquent de candidats qualifiés.Une action inscrite dans la duréeCette initiative s'inscrit dans un engagement d'Enabel qui remonte au portefeuille 2019-2023, lorsque le projet PASPort dans sa phase 1 avait accompagné l'Amicale des Femmes du Port Autonome de Cotonou (AFPAC) et le réseau WIMA BENIN dans les premières séances de sensibilisation à Cotonou.Depuis, l’ambition s’est élargie. En 2025, c'est Parakou qui avait accueilli plus de 400 lycéennes. En 2026, c'est au tour de Lokossa. L'objectif reste le même, décliné à chaque étape : faire en sorte que chaque jeune fille du Bénin sache que les métiers portuaires et maritimes lui sont ouverts et qu'elle peut y exceller. Parmi les participants aux éditions précédentes, 10 ont obtenu des bourses d'études dans des filières maritimes et logistiques au Bénin et au Maroc, des domaines dont ils ignoraient totalement l'existence au moment de leur première sensibilisation.Des femmes professionnelles comme modèlesL'une des forces de cette initiative réside dans son approche : plutôt que de présenter des chiffres ou des statistiques abstraites, l'événement donne la parole à des femmes déjà actives dans le secteur portuaire. Elles partagent leur parcours, leurs doutes, leurs réussites et prouvent, par leur présence seule, que l'accès à ces métiers est possible. Par ailleurs, la journée a également permis de mettre à jour la base de données des jeunes filles et femmes désireuses de poursuivre des formations dans l'univers maritime et portuaire, un outil précieux pour orienter les futures bourses et opportunités de formation.Vers une économie bleue inclusiveCes deux journées à Lokossa s'inscrivent dans une vision plus large portée conjointement par les projets PASPort II (financement du Royaume de Belgique) et ProPORT (financement de l'Union européenne) : construire un secteur portuaire béninois plus compétitif, plus durable, et profondément inclusif. L'objectif chiffré est clair : porter la représentativité des femmes dans les métiers portuaires dits « masculins » à 30 % d'ici l'horizon 2030. Ce n'est pas une déclaration d'intention,  c'est un plan d'action, déployé ville après ville, lycée après lycée.


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  • Le Projet COTONI prend son envol : un corridor de développement pour le Bénin et la sous-région

    Le Projet COTONI prend son envol : un corridor de développement pour le Bénin et la sous-région


    Reece-hermine ADANWENON | 21/05/2026

    Cotonou, le 20 mai 2026  La salle de la Direction Générale du Financement du Développement (DGFD) du Ministère de l'Économie et des Finances a accueilli la réunion d'information officielle marquant le démarrage du Projet GGSP COTONI  (Appui au développement du Corridor Cotonou-Niamey (segment béninois). Une vingtaine de représentants des institutions béninoises, de la Délégation de l'Union européenne et des partenaires de mise en œuvre étaient réunis pour cette étape. fondatrice. Un projet stratégique pour le Bénin Financé par l'Union européenne à hauteur de 18 millions d'euros dans le cadre de l'initiative Global Gateway, le Projet COTONI est mis en œuvre par un consortium de trois organisations : Enabel (Agence belge de coopération internationale), chef de file, TradeMark Africa (TMA) et la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED) . corridor Cotonou-Niamey, matérialisé par la Route Nationale Inter-État n°2 (RNIE 2) sur 729 km, est l'artère économique du Bénin. Il constitue l'axe le plus court d'accès aux ports maritimes pour le Niger, traverse cinq des sept pôles de développement agricole du pays et relève le Port Autonome de Cotonou à des hubs logistiques majeurs : la Zone Industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ), les ports secs d'Allada et de Parakou, le carrefour stratégique de Kandi et le poste frontalier de Malanville. Les voix de la réunion Ouvrant les travaux, Serge DOSSOU-YOVO, Directeur Général du Financement du Développement, a souligné l'importance capitale de ce projet pour le Bénin, ses ambitions en matière d'intégration régionale et son potentiel comme levier de développement économique durable. Christian RASMUSSEN, Chef de section Investissements et Pacte Vert à la Délégation de l'Union européenne au Bénin, a remplacé le projet dans son contexte : issu d'un processus d'identification engagé dès 2021, COTONI s'inscrit parmi les corridors stratégiques prioritaires identifiés entre l'UE et l'Afrique dans le cadre de l'initiative Global Gateway. Denis DUBUISSON, Expert Stratégie Corridors chez Enabel, a mis en lumière les enjeux de fond : renforcer la gouvernance du corridor, améliorer la fluidité et la sécurité des échanges, et permettre au Bénin de prendre pleinement sa place dans l'espace économique régional ouest-africain. Zoé ALLADO ANKA, Chef de projet du projet chez Enabel, a présenté en détail les objectifs, les neuf résultats attendus et les priorités pour 2026. Le COPIL (Comité de Pilotage) de démarrage est prévu en juin 2026, première étape opérationnelle du projet. Quatre volets, neuf résultats Sur 48 mois (décembre 2025 - novembre 2029),le Projet COTONI interviendra sur quatre axes complémentaires : Volet 1 : Gouvernance et Infrastructures mis en œuvre par  Enabel qui contribuera au renforcement des capacités de planification et de gestion des autorités béninoises en charge du corridor, et mobilisation d'un portefeuille d'investissements stratégiques. Volet 2 : Sûreté du corridor mis en œuvre par Enabel avec pour objectif l'amélioration de la couverture et de la rapidité d'intervention des forces de sécurité dans les zones sensibles, notamment dans le département de l'Alibori au nord du pays. Volet 3 : Facilitation des échanges mis en œuvre par TMA & CNUCED permettra d'opérer des réformes des cadres réglementaires, de renforcer le Comité National de Facilitation des Échanges (CNFE) et d'accompagner le développement des guichets uniques intégrés (GUI). Volet 4 : Performance douanière mise en œuvre par TMA & CNUCED vise à améliorer le poste douanier de Ségbana, renforcer  la gestion des risques douaniers Bénin-Nigeria et mettre en place de la Garantie Unique de Transit Douanier (GUTD). Une approche durable et inclusive Le projet est conçu pour éviter les écueils classiques des projets de développement. Plutôt que de créer des structures parallèles, il s'appuie sur le renforcement des institutions béninoises existantes. Il intègre dès sa conception des thèmes transversaux essentiels : l'égalité de genre notamment l'inclusion des femmes dans le secteur formel des transports et de la logistique, la digitalisation des procédures, et la durabilité environnementale. La gouvernance du projet repose sur un mécanisme à trois niveaux : un Comité de Pilotage stratégique, un niveau opérationnel animé par Enabel en coordination interministérielle, et des points focaux institutionnels dans chaque partenaire (SIRAT, ANaTT, CNFE, Douanes). Le Projet COTONI ouvre une nouvelle page pour la compétitivité du Bénin et l'intégration de l'Afrique de l'Ouest. Enabel, aux côtés de TMA, de la CNUCED et de l'ensemble des partenaires béninois, s'engage à en faire un succès au service des populations et des acteurs économiques de la sous-région.


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  • Renforcer la sécurité des dockers : un pas décisif vers un travail portuaire plus décent au Bénin

    Renforcer la sécurité des dockers : un pas décisif vers un travail portuaire plus décent au Bénin


    Reece-hermine ADANWENON | 15/05/2026

    Le 12 mai 2026, une cérémonie officielle de remise d'équipements de Protection Individuelle (EPI) s'est tenue au Bureau d'Embauche Unique (BEU) au profit des dockers du Port de Cotonou . Organisée dans le cadre du projet PASPort 2, cette initiative marque une avancée majeure pour l'amélioration des conditions de travail et de sécurité des travailleurs portuaires au Bénin. L'événement a réuni les représentants du Bureau d'Embauche Unique, du Port Autonome de Cotonou , du Port d'Anvers-Bruges International, de Enabel ainsi que les délégués du Collectif des Syndicats des dockers des Manutentions Portuaires du Bénin. Répondre à un enjeu majeur de sécurité au travail Chaque jour, les dockers sont exposés à de nombreux risques professionnels : manutention de charges lourdes, risques de coupures, de chutes ou d'accidents liés aux opérations portuaires. Pendant longtemps, l'accès à des équipements de protection adaptés est resté l'une des préoccupations majeures du secteur. Grâce à cette nouvelle dotation financée par Enabel dans le cadre du projet PASPort 2, ce défi connaît aujourd'hui une réponse concrète et structurante. L'appui représente un investissement de plus de 326 000 euros, soit plus de 214 millions de FCFA, et comprend notamment : 5 700 casques de sécurité ; 3 500 paires de bottes de sécurité ; 2 200 paires de sandales de sécurité ; 2 700 paires de gants antichocs ; 21 480 paires de gants anti-coupure. Tous les équipements fournis répondent aux normes strictes de qualité et de sécurité. Une dynamique collective en faveur du travail décent Cette action s'inscrit dans une dynamique collective portée par plusieurs partenaires engagés dans la modernisation et l'humanisation du secteur portuaire béninois. En complément de cette dotation, le Port Autonome de Cotonou avait déjà fourni en 2025 des gilets réfléchissants et des combinaisons de sécurité, tandis que la Centrale des Employeurs du Port d'Anvers avait également contribué à renforcer les équipements prévus aux dockers. Au-delà de la remise du matériel, des séances de sensibilisation ont été organisées afin de rappeler les bonnes pratiques d'utilisation et d'entretien des équipements, mais aussi l'importance du respect des consignes de sécurité sur les postes de travail. Lors des différentes allocutions, les responsables institutionnels ont insisté sur un point essentiel : ces équipements ne sont pas symboliques. Leur utilisation systématique constitue une responsabilité individuelle et collective indispensable pour prévenir les accidents et protéger les travailleurs. Une réforme qui place l'humain au cœur du développement portuaire Cette initiative dépasse largement le cadre d'une simple dotation matérielle. Elle s'inscrit dans la réforme portée par le projet PASPort 2, qui promet le travail décent à travers plusieurs axes : la sécurité au travail, la protection sociale, le dialogue social et le respect des droits des travailleurs. Le projet accompagne également la réforme du Bureau d'Embauche Unique, l'une des réformes structurelles engagées par le gouvernement béninois dans le secteur des transports pour la période 2021-2026. À travers cette action, le partenariat entre Enabel, le Port Autonome de Cotonou , le Port d'Anvers-Bruges International et le BEU réaffirme une conviction forte : investir dans la sécurité des travailleurs, c'est investir dans la dignité humaine, la performance durable et le développement inclusif.


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  • Sous la pluie d'Allada, la coopération belge tient ses promesses

    Au Bénin la coopération belge tient ses promesses


    Reece-hermine ADANWENON | 18/03/2026

    Des actions qui améliorent le quotidien des populations Le mardi 10 mars 2026, Heidy Rombouts, Directrice Générale de la Coopération au Développement belge, accompagnée de l'Ambassade de la Belgique près le Bénin, Mme Sandrine Platteau et du Directeur d'Enabel Bénin Olivier Krins, a effectué une visite de terrain dans la commune d'Allada. Objectif : voir de ses propres yeux ce que la coopération belge construite, avec les Béninois, pour les Béninois. Au Bénin, courant mois de mars, la saison des pluies ne s'annonce pas. Elle arrive. Et ce mardi 10 mars, elle est tombée sur Allada avec cette insistance propre au Sud-Bénin. Mais rien n'a ralenti l'agenda. Ni les délégations. Ni les échanges. Car ce type de mission ne se fait pas en salle de réunion : il se fait au milieu des acteurs qui font, chaque jour, avancer les projets. Heidy Rombouts, en visite officielle au Bénin du 9 au 11 mars, portait ce jour-là un objectif clair : observer le réel, rencontrer les communautés, évaluer l'impact. Pas de présentation PowerPoint. Pas de salle de conférence climatisée. Du concret. Trois visites, trois preuves d'impact 1) Au Port autonome de Cotonou, maillon stratégique de l'économie béninoise et de la connectivité régionale, elle a vu , les résultats qui parlent : modernisation, compétitivité, ambition environnementale, digitalisation et de la performance. Le partenariat entre le Bénin, la Belgique et l'Union européenne démontre toute sa valeur ajoutée. 2) Le centre SONU : quand la formation sauve des vies  À Allada, elle a découvert comment l'appui à la santé sexuelle et reproductive sauve des vies, renforcer les compétences des prestataires et améliorer la qualité des soins. Les résultats sont sans appel. En trois ans, plus de 1 500 prestataires de santé formés. Leurs compétences sont passées d'environ 55 % à 90 %. Et le taux de mortalité maternelle dans la zone sanitaire d'Allada est passé de 165,1 à 138,2 pour 100 000 naissances vivantes entre 2022 et 2025. Ce modèle combinant e-learning, simulation pratique et mentorat par des sages-femmes expérimentées a été ultérieurement adopté comme politique nationale du Bénin. Il sera déployé dans les 34 zones sanitaires du pays, dont 5 portées supplémentaires par Enabel dans le cadre du programme P@SRIS (2023-2028, 12 millions d'euros). La délégation a également visité les Cabines d'écoute de la Plateforme Nationale des Usagers des Services de Santé (PNUSS) : 11 espaces confidentiels répartis dans 7 départements, 87 351 usagers accompagnés, 3 048 plaintes déposées dont plus de 80 % résolues en 72 heures. Un outil de redevabilité reconnu par le Ministère de la santé béninois. 3) Elle a également visité Biophyto,une entreprise béninoise est devenue une référence dans la production d'engrais organiques et de bio-pesticides. Derrière cette réussite, il y a une vision, un engagement entrepreneurial fort, mais aussi la cohérence d'un appui belge qui a su mobiliser plusieurs instruments complémentaires pour accompagner la croissance, l'emploi décent et l'expansion régionale d'une entreprise qui emploie aujourd'hui 90 salariés permanents, dont 85 % de femmes, et travaille avec environ 2 000 femmes collectrices. Mais derrière les chiffres, il y a une histoire humaine. Celle de son Directeur Général, Gildas Zodomey, dont la famille a été endeuillée par l'ingestion de denrées contaminées aux pesticides chimiques. De ce drame personnel, il a construit un acte entrepreneurial : produire autrement, protéger la santé et les sols, offrir un avenir aux femmes rurales. La coopération belge a accompagné cette trajectoire à chaque étape : Enabel via le programme DEFIA (assistance technique, subventions, renforcement de capacités), le Business Partnership Facility de la Fondation Roi Baudouin (200 000 €), Kampani, le fonds d'investissement belge à impact (500 000 €) et depuis 2026, BIO-Invest avec un financement de 2,75 millions d'euros. S'y ajoute un don de deux carbonisateurs via Finexpo, instrument des SPF Affaires étrangères. Un continuum d'appuis. Une logique de système. L'approche Team Belgium dans toute sa cohérence.    Cette mission nous rappelle avec force que : la coopération au développement est utile lorsqu'elle est ancrée dans les réalités, portée par des partenariats solides et orientée vers des résultats durables pour les populations.


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  • Challenge Innov4Health : des solutions innovantes conçues par et pour les communautés

    Challenge Innov4Health : des solutions innovantes conçues par et pour les communautés


    Reece-hermine ADANWENON | 24/02/2026

    Entre Octobre et Décembre2025, les communautés des zones d’intervention du Programme d’Appui à la santé Sexuelle et Reproductive et à l’Information Sanitaire (P@SRIS II) ont été pleinement mobilisées pour  stimuler la créativité locale à coût maîtrisé et accélérer des résultats en matière de  santé. Initié par le Ministère de la Santé avec l’appui d’Enabel à travers le P@SRISII, l’édition 2025 du Challenge Innov4Health a transformé un besoin en opportunité: un défi lancé, des solutions concrètes et immédiatement applicable ont émergé du terrain. Et si les réponses les plus pertinentes et les plus adaptées aux défis de santé sexuelle et reproductive venaient, avant tout, des communautés elles-mêmes ?Dans un contexte marqué par des contraintes budgétaires croissantes et des défis persistants en matière de santé sexuelle et reproductive (SSR), Enabel Bénin en Partenariat avec  le Ministère de la Santé, a fait un choix stratégique : innover pour accroître l’impact.C’est dans cette dynamique qu’a été lancé le Challenge Inno4Health 2025. À l’issue d’un atelier bilan du programme, les besoins prioritaires ont été identifiés puis transformés en opportunité d’innovation ouverte. Sur plus de 100 dossiers reçus, huit projets ont été sélectionnés et accompagnés dans une phase pilote.Les résultats sont tangibles et dépassent les attentes:plus de 1000 personnes sensibilisées directement dans les communes de Parakou, N’Dali, Aplahoué, Lokossa, Kpomassè et Zè.60 pères champions formés et engagés pour la promotion des droits sexuels et reproductifs et la lutte contre les violences basées sur le genre.20 ambassadrices communautaires et 15 pairs leaders inclusifs formées et mobilisées.50 jeunes mères ont été accompagnées pour une meilleure prise en charge de leur santé post natale.des infrastructures durables installées et des outils numériques accessibles à tous developpés.Huit projets, une même ambition : accélérer le changementDes fresques murales à Parakou aux clubs d'adolescents à Aplahoué, des Pères Champions à N'Dali aux soins post-nataux à Zè, chaque projet a apporté une réponse innovante, ancrée dans sa réalité locale, à des défis partagés: l'accès à l'information en santé sexuelle et reproductive, la prévention des violences basées sur le genre et l'autonomisation des jeunes.Les projets lauréats ont exploré des dimensions complémentaires de la SSR notamment:les approches artistiques et culturelles pour sensibiliser les jeunes,les clubs de jeunes et entrepeneuriat communautaire pour renforcer l’autonomisation la mobilisation des hommes dans la santé maternellel’innovation numérique inclusive avec un chatbot accessible aux jeunes en situation de handicapl’autonomisation économique come levier de la santéles soins post-nataux intégrés, associant prise en charge plysique et soutien psychologique.Ensemble, ces innovations démontrent qu’en créant un cadre propice et en stimulant la créativité locale, il est possible d’identifier des solutions concrètes, adaptés et immédiatement appiclables pour accélérer les résultats en matière de santé. Retour sur les huit initiatives qui ont marqué cette première éditionÀ Parakou, l’Association Belle et Forte (ABF) a mobilisé la musique, le slam, les clips vidéo et les fresques murales pour sensibiliser à la santé sexuelle et reproductive et prévenir les violences basées sur le genre. Vingt ambassadrices communautaires ont été formées et des milliers de jeunes ont été touchés via les réseaux sociaux. L’art est devenu un puissant vecteur de santé.À Aplahoué, l’Association Atelier Ouverture Azo, avec son projet EKPLAXOXU, a installé trois clubs Ados/Jeunes dans des collèges pilotes, formé 31 jeunes animateurs et initié 25 jeunes à l’entrepreneuriat. Trois soirées cinéma-débats en milieu rural ont permis de briser les tabous intergénérationnels. Un modèle intégré combinant santé, culture et économie.À N’Dali, l’ONG AWAD, à travers son initiative « Pères Champions pour la Santé Maternelle », a formé 60 hommes et sensibilisé 600 autres. Un réseau actif de relais masculins émerge progressivement, transformant le rôle des pères : de décideurs distants à partenaires engagés dans la santé familiale.À Parakou, le Centre de Synergie d’Actions Paysannes (CSAP ONG) a déployé le projet « Arts et Jeunesse pour une SSR inclusive et sans VBG », combinant théâtre participatif, graffiti, conte et engagement écocitoyen. Vingt Jeunes Ambassadeurs Communautaires ont été formés, tandis que des espaces publics ont été embellis et reboisés. Santé, culture et citoyenneté ne font plus qu’un.Avec HELLO AMAZONE, la Fondation des Jeunes Amazones pour le Développement (FJAD-ONG) a développé un chatbot et une plateforme numérique inclusifs, intégrant des capsules en langue des signes, sous-titrées et adaptées en langues locales. Quinze pairs leaders, dont 30 % en situation de handicap, ont été formés. L’innovation technologique devient ici un levier d’équité.À Kpomassè, le Centre MAJICS (Maison d’Apprentissage, d’Information sur la Culture et la Santé) a combiné agroalimentaire, couture et santé sexuelle pour former 25 jeunes, dont 60 % de filles, à des métiers productifs tout en intégrant des modules de SSR. L’autonomisation économique devient un rempart contre la vulnérabilité.À Zè, l’association MOTHERS HEALTH a créé le premier espace intégré communautaire de soins post-nataux : 50 jeunes mères ont bénéficié d’un accompagnement physique et psychologique, et plus de 100 femmes ont été sensibilisées. La santé mentale post-partum sort progressivement du silence.Les enseignements clés du Challenge Inno4Health 2025La principale leçon de cette expérience est claire : stimuler la créativité des innovateurs locaux permet d’identifier des solutions d’accélération concrètes, adaptées aux réalités du terrain et rapidement opérationnelles.L’organisation du Challenge Inno4Health 2025 a permis de tirer deux enseignements majeurs. Premièrement, même avec un budget maîtrisé, il est possible d’expérimenter avec succès des innovations locales en matière de droits et santé sexuelle et reproductive (DSSR). Portées par des structures ancrées dans les communautés, ces initiatives ont permis d’identifier des solutions inédites à fort potentiel d’accélération pour l’atteinte des résultats du programme. Deuxièmement, cette démarche a mis en lumière la complémentarité stratégique entre les acteurs locaux et les partenaires du projet. Les initiatives développées, notamment dans la zone sanitaire Parakou/N’Dali, constituent désormais de véritables leviers opérationnels pour faciliter et renforcer l’implémentation du programme dans cette nouvelle zone d’intervention.Au-delà des projets pilotes, Inno4Health a démontré qu’un dispositif d’innovation ouverte peut devenir un outil structurant pour renforcer l’efficacité, la pertinence et la durabilité des interventions en santé.Une dynamique d’innovation appelée à s’élargirEn seulement trois mois de phase pilote, le Challenge Inno4Health 2025 a démontré qu’il est possible de stimuler la créativité locale à coût maîtrisé pour accélérer des résultats concrets en santé. Les projets expérimentés ont d’ores et déjà été intégrés dans la planification 2026 du programme P@SRIS2.Pour Enabel, innover signifie accroître l’impact, faire mieux avec moins, explorer de nouveaux partenariats, saisir les opportunités technologiques et renforcer la résilience des interventions.Fort de ces résultats, la démarche se poursuivra en 2026 avec une nouvelle édition du Challenge Inno4Health dans le cadre de P@SRIS2, ainsi que des initiatives similaires au sein des projets Sécurité, Port et EQUITÉ.Car l’innovation ne naît pas uniquement dans les grands centres urbains ou les laboratoires. Elle émerge aussi et souvent avec plus de pertinence au cœur des communautés qui vivent les défis au quotidien.Parce que l’innovation n’est pas une option. C’est une responsabilité.


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  • Soulager la douleur, préserver la dignité : un engagement concret en faveur des soins palliatifs au Bénin

    Soulager la douleur, préserver la dignité : un engagement concret en faveur des soins palliatifs au Bénin


    Reece-hermine ADANWENON | 27/01/2026

    Cotonou, 27 janvier 2026 Dans un contexte où l’accès effectif à la prise en charge de la douleur demeure un enjeu majeur de santé publique, Enabel a procédé à la remise de 5 kg de morphine en poudre au CNHU-HKM, au profit du Programme National des Soins Palliatifs (PNSP). Cette dotation vise à répondre à un besoin immédiat et critique, tout en consolidant durablement la prise en charge de la douleur dans les structures sanitaires du pays.Une réponse essentielle à un enjeu de dignité humaine Lors de la cérémonie de remise, le Directeur Général du CNHU-HKM a rappelé avec force une réalité encore trop souvent vécue par les patients : « ce n’est pas normal qu’en 2026, même si nous sommes en vie, que les agents de santé nous laissent subir les douleurs. » Cette déclaration souligne l’urgence d’agir pour garantir un accès effectif aux soins palliatifs, considérés aujourd’hui comme un droit fondamental des patients, et un marqueur clé de la qualité des systèmes de santé. Un appui structurant au bénéfice de tout le territoire La dotation de morphine en poudre permettra notamment : d’assurer la continuité des soins palliatifs dans les structures sanitaires ; de renforcer la disponibilité des opioïdes essentiels pour la prise en charge de la douleur ; de soutenir la production locale de solution orale de morphine au CNHU-HKM. Cette production locale permettra d’approvisionner l’ensemble du Programme National des Soins Palliatifs, garantissant ainsi une couverture élargie et équitable au profit des patients sur toute l’étendue du territoire national. Un partenariat inscrit dans la durée Depuis plusieurs années, Enabel accompagne le PNSP à travers une approche intégrée combinant dotations en médicaments et équipements, renforcement des capacités des professionnels de santé, soutien institutionnel et déploiement d’unités de soins palliatifs dans plusieurs départements. Cet engagement s’inscrit dans une vision commune avec le Ministère de la Santé : réduire les souffrances évitables et placer la dignité humaine au cœur des politiques de santé. Soulager la douleur n’est pas un luxe. C’est une exigence éthique, sanitaire et humaine. À travers cet appui, Enabel réaffirme sa conviction que chaque patient mérite une prise en charge respectueuse, jusqu’au dernier instant, et que les soins palliatifs constituent un pilier essentiel d’un système de santé juste, inclusif et performant.


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  • Enabel au Bénin se projette vers 2035 : une vision stratégique, partenariale et innovante

    Enabel au Bénin se projette vers 2035 : une vision stratégique, partenariale et innovante


    Reece-hermine ADANWENON | 26/01/2026

    Du 19 au 23 janvier 2026, Enabel au Bénin a accueilli une mission de Bruxelles composée de Alizée du Bus de Warnaffe (experte Innovation) et Evelien Masschelein (Directrice Expertise & Think). Objectif : rencontrer les parties prenantes, analyser les dynamiques des programmes et co-construire une projection ambitieuse pour les 5 à 10 prochaines années, à l’horizon 2035. Une semaine de terrain pour nourrir une ambition long terme Pendant cinq jours, la mission a multiplié les échanges avec les équipes projets, les services d’appui et les partenaires afin de : mieux saisir le contexte national et les opportunités à venir, identifier les forces et défis par pilier, enrichir la réflexion locale par des éléments “corporate”, partager les orientations de la nouvelle politique de formulation des projets, marquée par un renforcement de la phase d’identification et une recherche de focus stratégique dès les premières étapes. Un atelier clé : “quelle agence sera Enabel au Bénin en 2035 ?” Le 22 janvier, le Management Board, les Project Managers et les experts thématiques ont mené un exercice de projection stratégique visant à définir ce que sera Enabel au Bénin en 2035, et comment l’agence opérera dans le pays. La réflexion s’est structurée autour de trois axes : le quoi : thématiques, secteurs, populations prioritaires le qui : type de services rendus au Bénin en 2035 le comment : instruments, partenariats, modalités d’action et financements Cet exercice s’inscrit dans une ambition : faire évoluer la posture d’Enabel, d’une logique principalement d’implémentation vers une agence davantage stratégique, partenaire de premier choix du Bénin et catalyseur d’investissements, avec une ouverture accrue sur les dynamiques régionales. Des discours qui donnent le cap Lors de l’ouverture, Olivier Krins, Directeur de Enabel au Bénin, a souligné la nécessité d’anticiper et d’oser : "Nous ne parlons pas d’utopie. Nous parlons de vision... et l’importance de “prendre la dynamique" plutôt que de subir le changement. Jean Van Wetter, Directeur Général de Enabel (message vidéo), a partagé une projection 2035 où Enabel au Bénin doit être un partenaire stratégique de premier rang : diversification des instruments (“New Ventures”), mobilisation de partenariats publics et privés, souplesse programmatique, et transition vers une gestion par objectifs plutôt que par activités. Du côté national, M. Serge Dossou-Yovo, Directeur Général du Financement du Développement au Ministère de l’Économie et des Finances, a rappelé un tournant majeur : après une décennie d’investissements structurants, la priorité devient la qualité, l’efficacité et l’impact équitable, en mettant l’accent sur le capital humain, la formation, l’emploi et la structuration de chaînes de valeur inclusives. « Nous sommes entrés dans une phase de structuration, de montée en qualité et de transformation systémique. » Innovation : augmenter l’impact, rester pertinent Le 23 janvier, une restitution à l’ensemble du personnel a permis de partager les enseignements de la mission. Alizée du Bus de Warnaffe a rappelé une définition simple et exigeante : « L’innovation est une solution nouvelle qui a le potentiel d’augmenter l’impact par rapport aux approches existantes. » Au Bénin, l’innovation a été reconnue comme déjà présente : pragmatique, utile, ancrée dans le quotidien des projets, et portée par une équipe qui teste, apprend et capitalise. Points saillants et perspectives Le retour de mission a mis en évidence : un programme structuré autour de quatre piliers porteurs d’opportunités, des partenariats solides et d’autres à explorer (notamment au niveau régional), l’importance de la capitalisation d’expériences (innovation, économie bleue, plateformes digitales, police communautaire, corridor…), une dynamique d’équipe marquée par l’appétit d’expérimentation, et un potentiel à renforcer sur les profils transversaux, la mutualisation et la collaboration inter-équipes. Cette mission marque une étape importante : penser la vision 2035 dès maintenant pour renforcer notre pertinence, diversifier nos instruments, consolider nos partenariats et accroître l’impact au service du Bénin. Une dynamique portée collectivement et impulsée par un leadership qui mise sur l’anticipation, la stratégie et l’innovation.


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  • BIOPHYTO : quand l'accompagnement patient crée un champion régional

    BIOPHYTO : quand l'accompagnement patient crée un champion régional


    Reece-hermine ADANWENON | 16/01/2026

    15 janvier 2026 à Cotonou, l'émotion était palpable dans la salle de réunion de Biophyto à Allada. Le Dr Gildas Zodomey, fondateur de BIOPHYTO, peinait à retenir ses larmes en signant l'accord de financement de 2,75 millions d'euros avec BIO Invest. Après des années de combat, de doutes et de persévérance, son entreprise franchit un cap historique qui la propulse au rang de champion régional des intrants agricoles biologiques. Un parcours entrepreneurial hors du commun Créée en 2013, BIOPHYTO s'est imposée comme la seule entreprise béninoise à produire et commercialiser des biopesticides certifiés et des engrais organiques. Dans un secteur dominé par les intrants chimiques importés, le pari du Dr Zodomey était audacieux : prouver qu'une agriculture durable, respectueuse de la santé humaine et des écosystèmes, était non seulement possible mais aussi économiquement viable. Les chiffres parlent d'eux-mêmes : un chiffre d'affaires passé de 216 millions FCFA en 2020 à plus de 2 milliards FCFA en 2025, soit une croissance multipliée par 10 en cinq ans. L'accompagnement Enabel : un parcours sur mesure depuis 2019 Derrière cette success story se cache un accompagnement patient, structuré et adapté aux besoins de l'entreprise. Depuis 2019, Enabel au Bénin, à travers son programme de coopération en appui au secteur agricole, a mis en place un dispositif d'appui combinant une diversité d'instruments financiers et techniques. Phase 1 : Structuration et renforcement des capacités (2019-2022): l'accompagnement a débuté par une immersion dans les meilleures pratiques internationales, avec deux voyages d'échange au Ghana pour s'approprier la technique de production du charbon actif enrichi à l'éthylène. Parallèlement, Enabel a travaillé avec BIOPHYTO sur : la mise à jour du plan d'affaires, l'éducation financière et le conseil fiscal, la facilitation d'un crédit fonds de roulement de 20 millions FCFA auprès d'une institution de microfinance partenaire, la mise en place d'une subvention de 46 millions FCFA, adossée à un crédit bancaire de 226 millions FCFA, garanti partiellement par le Fonds National de Développement Agricole (FNDA). Cette première phase a permis à BIOPHYTO de consolider ses fondamentaux et d'améliorer significativement sa performance opérationnelle et commerciale. Phase 2 : Consolidation et transformation (2023-2024) : une fois les capacités suffisamment renforcées, Enabel a accompagné la structuration d'un dossier auprès du fonds belge Kampani pour l'obtention d'un prêt subordonné de 500 000 EUR (328 millions FCFA). Cette étape cruciale a nécessité : la certification des comptes de l'entreprise, la transformation juridique de SARL à SA, le renforcement de la gouvernance d'entreprise. Ce financement a permis à BIOPHYTO d'accroître davantage ses capacités de production et de gagner en crédibilité auprès du secteur financier national et international. Phase 3 : Scaling et expansion régionale (2025-2026) : fort de ces acquis, BIOPHYTO était désormais prêt pour une levée de fonds significative. En 2025, Enabel a facilité la mise en relation avec BIO Invest, aboutissant à la signature, le 15 janvier 2026, d'un accord de financement de 2,75 millions EUR (près de 2 milliards de Fcfa ). Un financement transformateur pour l'avenir Cet investissement permettra à BIOPHYTO de : augmenter massivement sa capacité de production : atteindre 700 000 litres de biopesticides et 5 000 tonnes d'engrais/compost par an s'implanter en Côte d'Ivoire avec une nouvelle unité de production moderniser ses équipements avec intégration de l'énergie solaire créer des emplois et renforcer les partenariats avec les petits producteurs, dont une majorité de femmes La force du modèle Team Belgium Comme le souligne Joris Totté, CEO de BIO Invest : "Ce partenariat s'inscrit dans un continuum belge déjà à l'œuvre. En alignant investisseurs d'impact, ONG et Enabel autour d'objectifs et d'outils complémentaires, nous démultiplions l'impact et sécurisons la montée en puissance d'entreprises transformantes." Cette approche coordonnée entre acteurs belges à savoir Enabel, BIO Invest, Kampani, et l'Ambassade de Belgique à Cotonou constitue un modèle d'efficacité dans la coopération au développement. Chaque acteur intervient au moment opportun avec les instruments adaptés, créant un véritable effet de levier. Des témoignages chargés d'émotion Dr Gildas Zodomey, visiblement ému : "C'est grâce à vous que BIOPHYTO est arrivé à ce niveau. À chaque difficulté, vous étiez là. Quand notre moral faiblissait, vous nous redonniez de l'énergie. Vos appuis techniques, financiers, vos conseils stratégiques, vos encouragements nous ont forgés. Aujourd'hui, je peux dire avec fierté que c'est fait. Je peux clamer haut et fort que la coopération bénino-belge fonctionne parce qu'elle évolue, produit de l'impact, sauve des vies, crée des richesses et pense à l'avenir de l'humanité." Olivier Krins, Directeur d'Enabel au Bénin : "Ce succès n'est pas que celui de BIOPHYTO, mais celui du Bénin tout entier. Cela a été possible grâce à la force de la Team Belgium avec un vrai partenariat entre le Bénin et la Belgique. Aujourd'hui, le Bénin peut être fier d'avoir un champion, mais déjà nous rêvons d'en avoir d'autres, de disséminer cette expérience et de susciter d'autres champions dans les années à venir." S.E. Sandrine Platteau, Ambassadrice de Belgique au Bénin : "BIOPHYTO prouve qu'on peut allier performance économique, santé publique et protection des écosystèmes, tout en valorisant le rôle des femmes rurales. Nous sommes fiers d'accompagner cette dynamique au Bénin et dans la région. Au Bénin, notre action va au-delà de l'exécution d'un programme de coopération. C'est une dynamique qui porte l'entrepreneuriat et l'innovation au cœur des actions pour développer des modèles économiques durables." Un impact qui dépasse les chiffres Au-delà de la performance financière, BIOPHYTO crée un impact socio-économique et environnemental significatif : création d'emplois décents tout au long de la chaîne de valeur, autonomisation économique des femmes à travers les partenariats avec les petites productrices, protection de la santé publique en réduisant l'exposition aux pesticides chimiques, préservation des écosystèmes par la promotion d'une agriculture régénératrice, sécurité alimentaire renforcée par des pratiques durables. Perspectives et ambitions régionales Avec ce nouveau financement, BIOPHYTO ambitionne de devenir le partenaire de référence en Afrique de l'Ouest (Côte d'Ivoire, Sénégal, Togo) pour les gouvernements et le secteur privé dans le domaine des intrants agricoles biologiques. Cette expansion régionale permettra de massifier l'impact et de contribuer à la transformation des systèmes agricoles ouest-africains vers plus de durabilité et de résilience. Un modèle à répliquer L'histoire de BIOPHYTO démontre qu'avec un accompagnement adapté, patient et coordonné, les entreprises africaines peuvent devenir des champions régionaux capables de transformer leurs secteurs. Enabel au Bénin s'engage à répliquer ce modèle d'accompagnement avec d'autres entreprises à fort potentiel, contribuant ainsi à bâtir un écosystème entrepreneurial dynamique et durable au Bénin. La cérémonie de signature du 15 janvier 2026, en présence de l'Ambassadrice de Belgique, du Directeur d'Enabel Bénin, du CEO de BIO Invest et de l'Executive Director de Kampani, marque non seulement l'aboutissement d'un parcours, mais le début d'une nouvelle aventure prometteuse pour BIOPHYTO et pour l'agriculture durable en Afrique de l'Ouest.


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  • On ne naît pas parent… on apprend à le devenir. Bienvenue à l’école des parents

    On ne naît pas parent… on apprend à le devenir. Bienvenue à l’école des parents


    Reece-hermine ADANWENON | 25/12/2025

    Mariama fixe le sol de la cour du collège. Dans quelques minutes, elle franchira le portail, non pas pour accompagner sa fille de 14 ans, mais pour elle-même. Pour apprendre. Pour oser parler de ce dont on ne parle jamais. Dans dix collèges d'enseignement général de Parakou et N'dali, une petite révolution est en marche. Avec l'appui d'Enabel à travers le projet P@SRIS II et la contribution du Ministère de la Santé, des parents comme Mariama ont désormais leur propre école : l'École des Parents. Un espace où le silence pesant autour de la santé sexuelle des adolescents commence enfin à se briser.Les chiffres parlent d'eux-mêmes et racontent une histoire que beaucoup préfèrent ignorer. Au Bénin, une adolescente sur cinq a déjà commencé sa vie reproductive. À 19 ans, près de la moitié des jeunes filles ont entamé leur vie féconde. Derrière ces statistiques se cachent des rêves interrompus, des parcours scolaires abandonnés, des vies bouleversées. Pourtant, dans les familles, le silence règne. Comment parler de la puberté, de règles, de sexualité ? Comment aborder ces sujets sans gêne, sans tabou, sans transmission de peur ? La plupart des parents se sentent démunis, prisonniers d'une éducation qui leur a appris à se taire sur ces questions essentielles.Un espace de libération et d'apprentissageL'École des Parents n'est pas une salle de classe traditionnelle. Ici, pas de notes, pas de jugement, pas de leçons moralisatrices. Juste un cercle de chaises, des facilitateurs bienveillants et des parents qui osent enfin dire : "Je ne sais pas comment faire."Dans cet espace sécurisé, les échanges prennent vie. On y apprend à dialoguer avec ses enfants, à comprendre les bouleversements de la puberté, à parler d'hygiène corporelle sans détour. On y découvre comment aborder les sujets délicats : le harcèlement scolaire, les violences basées sur le genre, la prévention des grossesses précoces et des IST-VIH.Les parents explorent aussi des territoires moins attendus mais tout aussi cruciaux : la répartition équitable des tâches ménagères pour briser les stéréotypes de genre, les codes vestimentaires sans culpabilisation, le respect du consentement et le droit de dire non.Des outils concrets pour un changement réelLa force de cette initiative réside dans son approche pratique. Les facilitateurs formés ne se contentent pas de transmettre des informations. Ils organisent des simulations, des jeux de rôles, des travaux de groupe. Les parents s'exercent à tenir ces conversations difficiles, testent des phrases, partagent leurs inquiétudes et leurs réussites."Comment commencer une discussion sur les règles avec ma fille ?" "Que dire à mon fils sur le respect des filles ?" "Comment réagir si mon adolescent me parle de sexualité ?" Ces questions, longtemps conservées sans réponse, trouvent ici un espace d'exploration collective.L'approche vise trois transformations majeures : éveiller une prise de conscience chez les parents sur leur rôle crucial, renforcer leurs compétences éducatives concrètes, et promouvoir un nouveau modèle de parentalité adapté aux défis contemporains.Dans les dix collèges concernés, l'École des Parents est désormais opérationnelle. Les premières séances d'animation avec les parents ont commencé, créant une nouvelle dynamique au sein des communautés éducatives.Les témoignages affluents déjà. Des mères qui, pour la première fois, ont pu parler ouvertement de menstruation avec leurs filles. Des pères qui comprennent mieux les changements émotionnels de leurs adolescents. Des parents qui se sentent enfin légitimes et outilslés pour accompagner cette période si délicate de la vie de leurs enfants.Au-delà des individus, c'est toute une culture du dialogue qui s'installe progressivement. Les tabous reculent. La communication parent-enfant se renforce. Les adolescents se trouvent en leurs parents des alliés informés plutôt que des gardiens silencieux.Dans le département du Couffo aussi, le dialogue familial reprend ses droitsPendant que l'École des Parents transforme les pratiques éducatives à Parakou et N'dali, une dynamique similaire s'installe dans le département du Couffo, avec une approche complémentaire : la formation de formateurs professionnels.À l'hôtel Immaculé, 12 assistants sociaux et 6 sages-femmes ont été formés pour animer six écoles pilotes qui accueilleront chacune une quarantaine de parents d'élèves et d'apprentis. Cette stratégie renforce la démarche en intégrant directement les professionnels de la santé et du social dans l'accompagnement parental.Pendant trois mois, ces animateurs professionnels conduiront 12 séances éducatives hebdomadaires autour de sept modules structurés : santé sexuelle et reproductive, développement de l'enfant, prévention des pratiques néfastes, genre, droits de l'enfant et communication bienveillante. Une feuille de route précise a été élaborée, et les parents participants présentent une attestation valorisant leur engagement.Cette approche par les professionnels de la santé et du social dans le Couffo complète efficacement le dispositif des facilitateurs communautaires dans le Borgou et l'Alibori, créant ainsi un maillage territorial solide pour faire du dialogue parent-enfant une réalité dans tout le pays.Vers un nouveau modèle éducatifCette initiative portée par le Ministère de la santé avec l'appui d'Enabel à travers le P@SRIS II représente bien plus qu'une série d'ateliers. C'est un pari sur l'avenir : celui d'une génération d'adolescents mieux informés, mieux protégés, mieux accompagnés.En brisant le silence, en équipant les parents d'outils concrets, en créant des espaces de parole bienveillants, l'École des Parents trace la voie d'une éducation à la santé sexuelle enfin assumée, normalisée, démocratisée. Car comme le dit si bien le principe fondateur de cette initiative : il n'existe pas d'école pour devenir parent, mais aujourd'hui, chaque parent a besoin d'aller à l'école des parents. Pour apprendre, pour grandir, pour accompagner. 


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  • Quand les communautés deviennent actrices du changement : l'histoire des Comités Zéro VBG

    Quand les communautés au Bénin deviennent actrices du changement


    Reece-hermine ADANWENON | 25/12/2025

    L'histoire des Comités Zéro VBGDans la commune de Savè, département des Collines au Bénin, quelque chose d'habituel s'est produit en février 2024. Trois personnes, élues par leur communauté, ont décidé de briser le silence qui entourait trop souvent les violences basées sur le genre. Pas des experts venus de la capitale. Pas des agents de l'État. Juste des membres ordinaires de la communauté, animés par une conviction : que chaque survivante de violence méritait protection, orientation et justice. Ils sont devenus ce qu'on appelle aujourd'hui les « Comités Zéro VBG » et leur histoire pourrait bien transformer la lutte contre les violences de genre dans tout le département.Le déclic : une approche lieu du terrainFatou (nom d'emprunt), membre d'un des premiers comités, se souvient de ce jour où une jeune femme de son quartier est venue frapper à sa porte, le visage tuméfié, ne sachant pas vers qui se tourner. « Avant, nous aurions probablement essayé d'arranger les choses à l'amiable avec la famille. Mais cette fois, nous savons quoi faire. Nous l'avons accompagné au Guichet Unique Protection Sociale, puis au centre de santé, et nous avons assuré le suivi jusqu'au bout. » C'est là toute la force du modèle des Comités Zéro VBG : transformer des citoyens volontaires en véritables relais communautaires, capables d'identifier les cas de violence, d'orienter les survivantes vers les services appropriés tels que les centres de santé, les commissariats, les services sociaux et surtout, de rester à leurs côtés tout au long du processus.Les résultats n’ont pas tardé. Depuis février 2024 à décembre 2025 où cette aventure a démarré avec l'appui du projet EQUITE 2, 248 personnes ont été prises en charge pour ces cas de violences basées sur le genre au Centre Intégré de Prise en Charge (CIPeC) des VBG construit et équipé par le Projet. 43 membres du personnel du CIPeC et de l'hôpital de Dassa dont 30 agents de santé, 2 assistants sociaux, 2 psychologues, 4 officiers de police judiciaire, 1 magistrat et 4 cadres administratifs de l'hôpital ont été formés sur les procédures opérationnelles standardisées. De même, 40 agents de police ont été formés sur l'accueil, l'écoute et la prise en charge des VBG. 144 acteurs communautaires membres des Comités Zéro VBG ont été également formés et 25 acteurs de la Direction Départementale des Affaires Sociales et de la Microfinance des Collines et des Guichets Uniques Protection Sociale sont formés sur la planification opérationnelle, le suivi et l'évaluation des interventions de lutte contre les VBG. Tous les cas de VBG portés à la connaissance des comités ont été référés et suivis. Plus impressionnant encore : la communauté elle-même a commencé à reconnaître et à solliciter ces nouveaux acteurs. Les arrangements à l'amiable, qui maintenaient souvent l'impunité, ont laissé place à des dénonciations et à une véritable collaboration avec les autorités policières.« Ce qui nous a le plus frappés, c'est que les gens ont compris que la violence n'est pas une affaire privée, mais un problème de société », explique un commissaire d'arrondissement ayant participé à l'expérience.  « Les comités ont réussi là où parfois les institutions peinaient à créer un climat de confiance. », a -t-il martelé.Le succès des acteurs communautaires inspire les institutionsL'impact a été tel que la Direction Départementale des Affaires Sociales et de la Microfinance des Collines (DDASM) a décidé de faire de cette initiative pilote une stratégie départementale. En décembre 2024, les commissaires d'arrondissement, représentants des Guichets Uniques Protection Sociale, ONG spécialisées et les huit comités pionniers, devenus de véritables experts communautaires, se sont réunis pour un atelier historique. Objectif : capitaliser sur cette expérience, affiner le modèle et tracer la voie pour son extension à l'ensemble du département des Collines et à la zone sanitaire de Tchaourou.« Ce n'est pas souvent qu'une approche développée au niveau local convainc les autorités départementales au point qu'elles décident de l'adopter formellement », souligne Mme Aziza Souleymane Experte Genre & Santé au projet EQUITE II, financé par l'Agence Française de Développement et mis en euvre par Enabel. « C'est la preuve que lorsque les solutions viennent des communautés elles-mêmes, elles ont plus de chances de durer. », a-t-elle ajouté. Les sessions de discussion ont permis d'aller plus loin que le simple constat de réussite. Ensemble, tous les acteurs des institutions de la société civile et des comités communautaires ont co-construit une méthodologie standardisée, élaboré des outils pratiques et défini une feuille de route claire jusqu'en 2027. Cette démarche participative garantit que le modèle pourra être fidèlement répliqué tout en s'adaptant aux réalités de chaque commune. Elle marque aussi une étape décisive vers l'institutionnalisation de l'approche, gage de pérennité au-delà du projet EQUITE II.L'effet domino : vers un département zéro VBGLes prochains mois s'annoncent décisifs. Le modèle sera étendu progressivement à toutes les communes du département. Des visites de terrain avec les autorités départementales sont prévues pour renforcer le plaidoyer en faveur d'un financement durable de la lutte contre les VBG. Un référentiel de mise en œuvre sera élaboré pour servir de guide à toutes les futures réplications. Mais au-delà des plans et des documents officiels, c'est une culture véritable du refus de la violence qui est en train de naître. Dans les marchés, les écoles, les centres de santé de Savè, on parle désormais ouvertement du VBG. On connaît les membres des comités. On sait qu'il existe des recours, que personne ne doit rester seul face à la violence. L'histoire des Comités Zéro VBG de Savè démontre une vérité simple mais puissante : le changement social durable ne peut se décréter d'en haut. Il naît lorsque les communautés elles-mêmes deviennent actrices de leur transformation, soutenues par des institutions qui croient en leur capacité d'agir. Fatou, qui continue ses activités bénévolement au sein de son comité, résume bien cet espoir : « nous ne sommes pas des super-héros. Nous sommes juste des gens qui ont décidé de ne plus fermer les yeux. Et quand toute une communauté décide ça, les choses changent vraiment. ». Dans les Collines du Bénin, une révolution silencieuse est en marche. Et elle porte un nom : Zéro VBG.


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  • L'histoire d'une transformation communautaire à Parakou et N'dali

    L'histoire d'une transformation communautaire à Parakou et N'dali


    Reece-hermine ADANWENON | 25/12/2025

    Dans les villages de Parakou et N'dali, au nord du Bénin, les chiffres parlent d'eux-mêmes. Les violences basées sur le genre frappent silencieusement, jour après jour. Les femmes hésitent à utiliser la contraception, souvent par crainte du regard ou de la réaction de leur conjoint. Les tensions conjugales éclatent, parfois violemment. Et dans cette spirale, ce sont des familles entières qui souffrent. Face à cette réalité, une question s'impose : comment briser ce cycle ? La réponse du projet P@SRIS II d'Enabel en collaboration avec le ministère de la santé est aussi audacieuse qu'innovante : impliquer les hommes comme alliés du changement, et non les pointeurs comme seuls responsables.Une double stratégie au cœur des communautésLoin des bureaux climatisés, c'est sur le terrain, au plus près des réalités villageoises, que P@SRIS II a déployé une approche inédite. Après un diagnostic minutieux révélant 31 villages marqués par une récurrence inquiétante de violences basées sur le genre et 10 autres où la contraception reste taboue, le projet a mis en place deux dispositifs complémentaires. D'un côté, 31 comités de veille VBG se sont constitués. Composés d'hommes et de femmes de la communauté, ces sentinelles du quotidien ont pour mission de détecter les signaux d'alerte, d'accompagner les victimes, de faciliter les médiations et d'orienter les cas vers les structures compétentes. Ils sont les yeux et les oreilles qui veillent, les mains qui soutiennent. De l'autre, 10 Clubs des Hommes et Femmes Modèles ont vu le jour. Leur raison d'être ? Promouvoir une masculinité positive, celle qui célèbre la force dans l'empathie, le courage dans la vulnérabilité, et la virilité dans le respect. Ces clubs deviennent des espaces de dialogue où les hommes apprennent à déconstruire les stéréotypes qui les enferment autant qu'ils oppriment leurs compagnes.Former pour transformer163 acteurs du changement, 93 membres de comités de veille et 70 ambassadeurs de la masculinité positive ont été formés et outillés. Mais ces formations vont bien au-delà de la simple transmission de connaissances techniques. Dans les salles de formation, les discussions ont été intenses, parfois inconfortables. Des hommes ont partagé comment ils ont grandi avec l'idée qu'un "vrai homme" ne pleure pas, ne consulte pas sa femme sur les décisions familiales, et impose sa volonté. Des femmes ont raconté les violences silencieuses qu'elles endurent, mais aussi leur espoir de voir leurs fils grandir différemment. Ces échanges ont permis de comprendre que les violences basées sur le genre ne sont pas une fatalité culturelle, mais le produit de normes sociales qui peuvent et doivent évoluer. Les participants ont découvert qu'ils peuvent être des modèles alternatifs dans leurs communautés, des voix qui portent un autre récit de ce que signifie être un homme ou une femme au XXIe siècle.Une vision convergente pour les Objectifs de Développement DurableCette initiative s'inscrit dans l'ambition partagée par Enabel et le gouvernement béninois d'accélérer l'atteinte des ODD liés à la santé, au bien-être et à l'égalité des sexes. Alors que nous sommes à mi-parcours de l'Agenda 2030, les défis persistants : accès limité à la contraception, qualité des soins inégale, violences encore trop souvent banalisées. Mais P@SRIS II ne se contente pas de constater. Le projet pose un acte de foi dans la capacité des communautés à se transformer de l'intérieur, quand elles sont soutenues et outillées. Il reconnaît que les droits sexuels et reproductifs ne peuvent progresser sans l'adhésion et l'engagement actif des hommes.Le rôle central des hommes : de spectateurs à acteursPourquoi impliquer les hommes ? Parce que l'égalité de genre n'est pas une affaire de femmes. Parce que les hommes sont aussi prisonniers de modèles de masculinité toxiques qui les coupent de leurs émotions, de leurs proches, de leur humanité. Parce qu'ils peuvent être, et sont déjà des pères, des époux, des frères qui veulent mieux pour leurs filles, leurs compagnes, leurs sœurs. Dans les villages de Parakou et N'dali, des hommes commencent à parler autrement. Ils acceptent que leurs épouses utilisent la contraception. Ils participent aux tâches ménagères. Ils s'interviennent quand un voisin lève la main sur sa femme. Ils deviennent des modèles de masculinité positive, celle qui protège sans dominer, qui aime sans posséder, qui guide sans imposer. Les graines du changement sont plantées. Dans deux mois, les équipes de P@SRIS II retourneront sur le terrain pour observer ces 163 acteurs en action : comment les comités de veille gèrent-ils les cas de violences ? Les modèles de clubs d'hommes et de femmes arrivent-ils à influencer les normes sociales dans leurs villages ? Quels obstacles rencontrent-ils ? Cette supervision ne sera pas un simple contrôle, mais un moment d'apprentissage mutuel, d'ajustement des stratégies et de célébration des premières victoires. Car chaque homme qui refuse la violence, chaque femme qui accède à la contraception sans crainte, chaque enfant qui grandit dans un foyer plus égalitaire est une victoire.Une transformation qui commence dans les cœursL'histoire de ces changements à Parakou et N'dali nous rappelle une vérité essentielle : le changement social ne se décrète pas, il se construit patiemment, pas à pas, dans les conversations entre voisins, dans les décisions familiales, dans les gestes du quotidien.En mettant sur la masculinité positive et en structurant des dispositifs communautaires de veille, le projet fait le pari audacieux que les communautés elles-mêmes détiennent les clés de leur émancipation. Il ne s'agit pas d'imposer des valeurs extérieures, mais d'accompagner l'émergence de nouvelles normes, plus justes, plus humaines, plus durables. Parce que lutter contre les violences basées sur le genre, c'est aussi libérer les hommes des carcans qui les étouffent. C'est leur offrir la possibilité d'être pleinement humains, vulnérables, aimants, responsables. C'est construire ensemble une société où personne ne doit choisir entre son identité et sa dignité.


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  • Quand Aïcha a levé la main : un geste simple qui a tout changé

    Quand Aïcha a levé la main : un geste simple qui a tout changé


    Reece-hermine ADANWENON | 25/12/2025

    Ce jour-là, au CEG Ouorgui, dans la commune de Savè personne n'a oublié la scène.Au moment d'ouvrir la cérémonie de distinction des élèves meilleures filles, Aïcha, une élève timide de troisième, lève doucement la main : « madame… pourquoi est-ce que nous, les filles, sommes si peu ici ? ». Un silence s'installe. La question, simple et poignante, résume à elle seule la réalité des filles scolarisées en milieu rural. Derrière les sourires, les trophées et les écharpes de distinction, une vérité douloureuse s'impose : malgré les efforts déployés, de plus en plus de filles disparaissent du système éducatif au fil des classes.C'est dans ce contexte que la préfecture du département des Collines, accompagnée du projet EQUITE 2, financé par l'Agence Française de Développement « AFD » et mis en œuvre par l'Agence Belge de Développement « Enabel » a organisé une cérémonie exceptionnelle pour mettre en lumière l'excellence féminine et révéler les défis encore trop méconnus de l'éducation des filles en milieu rural.L'événement a rassemblé des autorités départementales, responsables communaux, enseignants, parents et femmes leaders lieux témoigne de leur parcours et encourage les filles à poursuivre leurs études. Mais au fur et à mesure que les résultats scolaires étaient annoncés, le tableau s'est obscurci : aucune fille de terminale n'a atteint la moyenne requise pour être primée; en classe de troisième, la meilleure élève affiche seulement 9/20; les effectifs féminins chutent drastiquement à mesure que l'on avance dans le cursus. Ce constat, brutal mais nécessaire, a transformé la cérémonie en un véritable espace de réflexion collectif.Un dialogue franc qui débouche sur des engagements concretsFace aux performances inquiétantes et à la faible représentativité des filles, les échanges ont rapidement évolué vers une discussion de fond impliquant, les autorités, les enseignants et les dirigeants communautaires. Les défis de responsabilité évoqués sont bien connus mais souvent sous-estimés : mariages et grossesses précoces sûres, pauvreté et fuite de parentale, absence d'espacess pour les jeunes, faible estime de soi, manque d'encadrement sur les questions de leadership, poids des normes sociales exercées.À l'issue de ces discussions, une feuille de route a été élaborée, assortie d'engagements à l'échelle communautaire, institutionnelle et départementale pour renforcer l'accès, le maintien et la réussite des filles à l'école.En soutenant cette initiative, le projet EQUITE 2 s'inscrit dans une démarche plus large : promouvoir l'égalité des chances, renforcer les systèmes éducatifs locaux et mobiliser les autorités afin que l'éducation des filles devienne une priorité partagée, non plus seulement un discours. Car chaque fille qui reste à l'école est une future citoyenne, une future actrice du développement, un moteur pour sa communauté.


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  • Parakou–N’Dali : là où les soins sauvent, où la prévention protège

    Parakou–N’Dali : là où les soins sauvent, où la prévention protège


    Reece-hermine ADANWENON | 25/12/2025

    Dans les couloirs des maternités de Parakou-N'Dali, un changement profond est en marche.Pendant longtemps, trop de femmes arrivaient pour donner la vie… et repartaient sans la leur. L'hémorragie post partum restait un ennemi redoutable, et dans les centres de santé, le dépistage du cancer du col de l'utérus demeurait quasiment absent.Face à cette réalité, le Ministère de la santé avec l'appui d'Enabel à travers le projet P@SRIS II, a choisi d'agir là où l'impact immédiat serait : renforcer la qualité des soins et rendre la prévention accessible à toutes.Dans de nombreuses maternités, l'absence de matériel essentiel ou de personnel suffisamment formé rend les complications dangereusement imprévisibles.Le P@SRIS II a donc lancé une dynamique structurante :• équiper les salles d'accouchement en dispositifs SONU (Soins Obstétricaux Néo nataux d'Urgence),• présenter des solutions innovantes comme le tamponnement intra utérin au préservatif (TIUB) et le drap calibré,• accompagner les prestataires à travers un mentorat clinique intensif, se concentrer sur la pratique réelle et la maîtrise du geste technique,• suivre régulièrement la qualité des soins dans trente centres pour garantir des progrès constants.Les résultats parlent d'eux mêmes : - 88 % des formations sanitaires disposant désormais de matériel SONU complet,- 90 % sont équipés pour faire face aux hémorragies, et - 81 % des cas d'hémorragie Post Partum (HPP) sont pris en charge efficacement.Derrière ces chiffres se cachent des histoires de mères sauvées et de nouveaux nés accueillis dans des conditions bien plus sûres.Protéger avant qu'il ne soit trop tard : le réveil face au cancer du colPendant que les équipes renforçaient l'urgence, un autre danger, silencieux, continuait de gagner du terrain : le cancer du col de l'utérus. Les constats étaient alarmants : très peu de femmes dépistées, aucun dépistage intégré en consultation prénatale, et des ruptures d'intrants pendant des mois. En collaboration avec le Ministère de la Santé, le programme P@SRIS II a alors engagé un véritable virage :• disponibilité continue des kits de dépistage,• intégration systématique du test lors de la première consultation prénatale,• des campagnes de sensibilisation pour encourager les femmes à se faire dépister,• renforcement des équipes sur l'accueil, la dignité et la communication.Avec cet appui, les centres dépistent à nouveau, les prestataires sont mobilisés, et 80 % des femmes expriment une satisfaction élevée de la qualité humaine des services reçus.Un même objectif : sauver, protéger, prévenirEn renforçant les SONU et en faisant du dépistage du cancer du col une pratique routinière, le P@SRIS II contribue à écrire une nouvelle page pour la santé maternelle dans la Zone Sanitaire Parakou-N'Dali. Une page où l'urgence est mieux maîtrisée, où la prévention devient un réflexe, et où chaque femme peut recevoir les soins qu'elle mérite avec compétence, respect et dignité.


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