Dans le département de Boghé, les femmes de la coopérative de Belel Koyle sont à pied d'œuvre. Chaque jour, elles récoltent le niébé fourrager avec un objectif clair en tête : aborder la prochaine campagne hivernale avec le maximum de production, et surtout, se constituer une réserve solide pour ne pas être prises au dépourvu lors de la saison de soudure 2027. Un geste simple en apparence, mais qui traduit une vraie capacité d'anticipation — et le savoir-faire que ces femmes ont construit au fil du temps, avec l'appui du projet SECURALIM, financé par l'Union européenne et mis en œuvre par Enabel, l'agence belge de Coopération Internationale, qui fait justement des femmes et des jeunes une priorité de son action.
Un peu plus loin, autour de Kaédi et de Boghé, d'autres producteurs tiennent, jour et nuit, les marchés en fourrage vert. Une présence continue, 24h/24, qui n'a rien d'anodin : avec la hausse des prix des aliments importés, le manque de pâturages et la fermeture de la frontière avec le Mali voisin, chaque botte de fourrage disponible sur le marché fait une vraie différence pour les familles qui dépendent de leur bétail pour vivre.
Du Brakna au Trarza, en passant par le Gorgol, les équipes techniques de SECURALIM sont chaque semaine aux côtés des producteurs : missions de suivi, collecte de données, formations, accompagnement individualisé. Un travail de terrain discret, mais dont les effets sont bien concrets.
Dans les groupes CEAP (Champs Écoles Agro-Pastoraux) du Brakna et du Gorgol, les techniciens suivent pas à pas la production fourragère et la rotation fourrage-riz, notamment le niébé fourrager : collecte d'échantillons de sol, sélection des coopératives, appui-conseil régulier. À Belel Koyle, dans le département de Boghé, ce suivi a permis à la coopérative féminine de sécuriser sa récolte et de constituer une réserve fourragère pour anticiper la prochaine saison de soudure.
Autour de Kaédi et de Boghé, l'accompagnement se traduit très concrètement pour les familles : un approvisionnement continu des marchés en fourrage vert, alors que la hausse des prix des aliments importés et la fermeture de la frontière malienne pèsent sur les éleveurs.
Dans le Trarza, ce sont les éleveurs du GIE ALAF, partenaires de la FRAT, qui bénéficient d'un expert fourrager mis à leur disposition pour sécuriser, tout au long de l'année, l'approvisionnement des centres de collecte de lait de Rosso.
Côté riziculture, une formation de 4 jours a permis à des coopératives du Brakna, du Gorgol et du Trarza, ainsi qu'aux opérateurs semenciers de l'ISPM, de maîtriser le repiquage mécanique — grâce aux 20 repiqueuses et 20 sarcleuses déployées par le projet, avec l'appui actif des techniciens de l'ISPM et de la FRAT.
Ce travail de proximité porte ses fruits : en 2025, la production fourragère additionnelle a été multipliée par 18 (de 480 tonnes à plus de 8 462 tonnes), avec 860 producteurs accompagnés au sein des groupes CEAP — dont 45% de femmes. Des résultats qui doivent beaucoup à l'engagement quotidien de nos collègues du terrain et de nos partenaires — ISPM, FRAT — aux côtés des populations.
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