Du 05 au 10 octobre , la campagne intégrée de dépistage des cancers féminins et de planification familiale organisée à Parakou et à N'Dali a permis à 3 696 femmes de bénéficier d'un dépistage gratuit du cancer du sein ou du col de l'utérus. Portée par le ministère de la Santé, avec l'appui d'Enabel, cette initiative a également permis d'identifier 33 cas suspects orientés vers des structures spécialisées et d'enregistrer
1603 nouvelles utilisatrices de méthodes contraceptives modernes. Des résultats qui illustrent l'importance des services de proximité pour améliorer l'accès des femmes à la prévention et aux soins.
En Afrique, les cancers du sein et du col de l'utérus pèsent lourdement sur la santé des femmes. Selon les estimations de GLOBOCAN pour 2022, le continent a enregistré environ 198 553 nouveaux cas de cancer du sein et 125 699 nouveaux cas de cancer du col de l'utérus.
Au Bénin, ces deux cancers figurent parmi les cancers les plus fréquents chez les femmes. Les estimations pour 2022 font état de 1329 nouveaux cas de cancer du sein et de 701 nouveaux cas de cancer du col de l'utérus.
Le dépistage précoce, l'information des populations et l'accès à des services de santé adaptés constituent donc des leviers essentiels pour favoriser une prise en charge à temps. C'est dans cette perspective que le ministère de la Santé, à travers la Direction départementale de la Santé du Borgou, avec l'appui technique et financier d'Enabel, a organisé une campagne intégrée de dépistage des cancers féminins et de planification familiale dans les communes de Parakou et de N'Dali, à l'occasion d'Octobre Rose 2026.
3 696 femmes dépistées en cinq jours
Face à cet enjeu, rapprocher les services de santé des femmes n'est pas un simple choix logistique : c'est une action concrète pour faciliter l'accès à la prévention et favoriser une prise en charge précoce. Les résultats de la campagne témoignent de la mobilisation des communautés et de l'importance de rapprocher les services de santé des populations. Au total, 3 696 femmes ont bénéficié d'un dépistage , réparties comme suit :
- 2 535 femmes dépistées pour le cancer du sein ;
- 1 161 femmes dépistées pour le cancer du col de l'utérus.
Au-delà du dépistage, les équipes ont identifié 33 cas suspects : 26 concernant le cancer du sein et 7 concernant le cancer du col de l'utérus. Ces femmes ont été orientées vers des structures spécialisées pour des examens complémentaires et une prise en charge adaptée. Ces orientations constituent une étape importante du parcours de soins. Elles permettent de ne pas limiter l'intervention au dépistage, mais de faciliter la poursuite des démarches nécessaires lorsque des anomalies sont détectées. Pour certaines lésions précancéreuses du col de l'utérus, une prise en charge par thermocoagulation a pu être réalisée directement sur les sites de prestation, conformément à l'éligibilité des patientes.
La planification familiale, un autre levier pour la santé des femmes
La campagne a également intégré des services de planification familiale afin de répondre à plusieurs besoins de santé au cours d'une même intervention. En cinq jours, 1 603 femmes ont adopté une méthode contraceptive moderne : 824 à Parakou et 779 à N'Dali. Parmi elles, 783 femmes, soit 48,8 % des nouvelles utilisatrices, ont choisi une méthode contraceptive de longue durée, telle que l'implant ou le dispositif intra-utérin. En rapprochant ces prestations des communautés, la campagne a facilité l'accès aux services qui contribuent à l'autonomie des femmes, à la planification des grossesses et à l'amélioration de la santé maternelle et infantile.
Le succès de cette campagne repose notamment sur une stratégie qui associe proximité, mobilisation sociale et renforcement de l'offre de soins. Des équipes mobiles ont été déployées dans les villages et les localités éloignées, en complément des prestations proposées dans les centres de santé. Cette approche permet de réduire certaines barrières liées à la distance et de rapprocher les services des femmes qui rencontrent des difficultés pour se rendre dans les structures sanitaires. Les relais communautaires et les crieurs publics ont joué un rôle essentiel dans la sensibilisation. En relayant les messages en langues locales, ils ont contribué à informer les populations, à lever certaines réticences et à encourager la fréquentation des sites de prestation. La campagne a également retenu l'utilisation de kits intégrés de dépistage, communément appelés « Antoukit ». Ces kits permettent aux prestataires de disposer du matériel nécessaire au dépistage, facilitant l'organisation des interventions, la disponibilité des consommables et le déroulement des prestations.
Des services plus proches, des résultats concrets
Au-delà des chiffres, les résultats obtenus à Parakou et à N'Dali illustrent l'intérêt d'une approche intégrée qui associe les autorités sanitaires, les communautés et les partenaires techniques et financiers. En rapprochant les services de dépistage et de planification familiale des populations, cette campagne contribue à réduire les inégalités d'accès aux soins et à renforcer la capacité du système de santé à répondre aux besoins des femmes.
Pour Enabel, à travers son appui au secteur de la santé au Bénin, l'enjeu est de soutenir des services accessibles, intégrés et de qualité, qui tiennent compte des besoins spécifiques des femmes et des obstacles auxquels elles peuvent être confrontées. Octobre Rose est un temps fort de mobilisation, mais la prévention des cancers féminins doit se poursuivre tout au long de l'année. L'expérience de Parakou et de N'Dali rappelle qu'en rapprochant les services des communautés et en organisant la continuité des soins, il est possible de transformer la sensibilisation en résultats concrets pour la santé des femmes.