De juillet à août 2026, les acteurs locaux de 14 communes d’intervention du portefeuille bilatérale (Kaya, Korsimoro, Ziga, Mogtédo, Zam, Nagréongo, Absouya, Tensobtenga, Andemtenga, Yargo, Garango, Koupéla, Pouytenga et Komtoega) se sont réunis autour d’un enjeu essentiel : faire en sorte que les ouvrages d’eau, d’hygiène et d’assainissement (WASH) des marchés restent fonctionnels et correctement entretenus dans le temps. Avec l’appui d’Enabel, les communes renforcent ainsi l’organisation et les capacités des Comités de gestion (COGES), appelés à jouer un rôle central dans la gestion de ces infrastructures. Au total 22 COGES ont été mis en place et formés durant ces sessions.
Dans un marché, construire une latrine, installer un point d’eau ou mettre à disposition des équipements d’hygiène constitue une première étape. Leur entretien et leur bonne utilisation dans la durée nécessitent cependant une organisation claire et des acteurs capables d’en assurer le suivi. C’est dans cette logique qu’Enabel accompagne les communes dans la mise en place et le renforcement des capacités des COGES des marchés et des gares Dans les communes citées ci-dessus, cette dynamique s’est notamment traduite par la formalisation des comités de gestion des marchés à travers un arrêté communal. Une évolution importante pour une commune où les comités existaient déjà, mais fonctionnaient jusque-là de manière informelle.
Des comités désormais reconnus et des rôles clarifiés
Auparavant, la gestion des questions liées aux marchés passait souvent par les Comités villageois de développement (CVD), sans que les responsabilités de chacun soient clairement établies. L’intervention d’Enabel a contribué à faire évoluer cette organisation en accompagnant les communes dans la formalisation des COGES. « Avant, il y en avait, mais ce n’était pas vraiment fonctionnel. On ne savait pas à qui s’adresser », explique Henriette Kamarad BOURGOU/TRAORE, secrétaire générale de la commune de Nagréongo. Aujourd’hui, les interlocuteurs sont identifiés et les échanges avec la commune sont facilités. « Quand on a besoin d’un membre du comité, rapidement, on saisit le président et ils sont toujours disponibles. Quand il y a des difficultés, ils viennent vers nous. Quand nous aussi, on a des difficultés, on sait qui appeler pour résoudre. »Cette clarification constitue un changement important dans la gestion des marchés. Elle permet aux COGES de mieux jouer leur rôle auprès des occupants et des usager·ères, tout en facilitant le travail d’accompagnement de la commune.
Former les acteurs pour assurer le suivi
Les formations organisées durant cette période s’inscrivent dans cette démarche. Elle vise à renforcer les capacités des acteurs impliqués dans la gestion des ouvrages WASH et à leur donner des outils pour mieux planifier, suivre et accompagner les actions sur le terrain. L’accompagnement concerne également les services techniques municipaux. Les formations leur permettent notamment d’établir des plans d’action et de développer des outils de collecte de données et de suivi des activités. L’agent technique municipal peut ainsi effectuer des visites régulières dans les marchés, observer l’utilisation des infrastructures, recueillir des informations et sensibiliser les occupants. « Il essaie de mettre vraiment en œuvre ce qu’il a appris. Il fait des outils de collecte, il se rend sur les sites, il sensibilise les gens », témoigne la secrétaire générale.Cette évolution permet progressivement à la commune de disposer d’un dispositif de suivi plus structuré des infrastructures hydrauliques et sanitaires.
Faire durer les changements au-delà de l’accompagnement
Pour ces communes, la mise en place des COGES n’est toutefois qu’une première étape. Leur efficacité dépendra de leur capacité à exercer leurs responsabilités et de l’accompagnement qui leur sera apporté dans la durée. « Il ne suffit pas de mettre les structures en place. Si on met une structure en place sans former, ça ne peut pas aboutir. [...] Il faut nécessairement qu’on renforce les capacités de ces COGES-là pour pouvoir mieux gérer les différents marchés. » a relevé la Secrétaire Générale de la commune de Nagréongo. Les communes prévoient ainsi de poursuivre le renforcement des capacités des comités, mais également de les accompagner dans l’entretien et la gestion quotidienne des marchés. Des réflexions sont notamment engagées sur les modalités de gestion des latrines et sur les moyens à mobiliser pour garantir leur entretien régulier. Au-delà des infrastructures, c’est donc une nouvelle manière de gérer les services WASH dans les espaces marchands qui se met progressivement en place : des responsabilités mieux définies, des acteurs formés, un suivi renforcé et une plus grande implication des usager·ères.
À travers cet accompagnement, Enabel contribue avec les communes à créer les conditions d’une gestion locale et durable des ouvrages d’eau, d’hygiène et d’assainissement, afin que les investissements réalisés continuent de produire leurs effets au quotidien pour les populations.
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