Du 15 au 17 avril 2026, une quarantaine d’acteurs issus des ministères, des services techniques, des partenaires et de la société civile se sont réunis à Tenkodogo pour un exercice stratégique : la mise à jour des plans sectoriels de la Contribution Déterminée au niveau National (CDN) du Burkina Faso. Organisé avec l’appui du Portefeuille thématique Climat Sahel - volet Burkina Faso (PTCS-BFA) d’Enabel, cet atelier marque le lancement d’un processus plus large destiné à doter chaque secteur ministériel d’un outil clair pour traduire les ambitions climatiques nationales en actions concrètes. Énergie, eau, assainissement, agriculture, santé, transport, genre ou sécurité : tous les secteurs concernés sont appelés à disposer d’un plan sectoriel révisé et aligné sur la nouvelle CDN 3.0.
Comprendre la CDN 3.0 et ses plans sectoriels
Les Contributions Déterminées au niveau National, plus connues sous l’acronyme CDN, constituent l’instrument principal de mise en œuvre de l’Accord de Paris sur le climat. Chaque pays signataire s’engage, à travers ce document, à réduire ses émissions de gaz à effet de serre et à renforcer sa résilience face aux effets du changement climatique. La CDN 3.0 correspond à la troisième génération de cet engagement pour le Burkina Faso. Adoptée pour la période 2026-2030, elle a été validée en décembre 2025 à l’issue d’un processus participatif ayant mobilisé les ministères, les collectivités, les organisations de la société civile, les partenaires techniques et financiers ainsi que le secteur privé.
Dans un contexte marqué par l’aggravation des effets des changements climatiques, cette rencontre n’avait rien d’un simple atelier technique. Elle constitue une étape décisive dans l’opérationnalisation de la nouvelle CDN 2026-2030, dite « CDN 3.0 », soumise par le Burkina Faso au Secrétariat de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les changements climatiques le 31 décembre 2025. L’enjeu est de taille : adapter les plans sectoriels aux nouvelles ambitions climatiques du pays, aux évolutions institutionnelles et aux réalités actuelles des différents secteurs. Agriculture, eau, énergie, transport, santé, recherche, genre ou encore sécurité : tous les domaines concernés par la mise en œuvre de la CDN étaient représentés autour de la même table.
Comme l’explique Kinda Athanase, facilitateur du processus, la CDN reste un document national et transversal. Or, lors de la précédente génération, plusieurs acteurs avaient estimé que cet instrument était encore perçu comme relevant uniquement du ministère en charge de l’Environnement, alors même qu’il concerne aussi l’agriculture, l’énergie, la santé, l’élevage, les transports ou encore le genre. C’est pour répondre à cette limite qu’ont été créés les plans sectoriels de la CDN : des documents spécifiques à chaque secteur, chargés de traduire concrètement les objectifs nationaux dans les différents départements ministériels.
Une nouvelle étape après l’adoption de la CDN 3.0
À l’instar des autres États parties à l’Accord de Paris, le Burkina Faso s’est engagé à renforcer progressivement son action climatique à travers des Contributions Déterminées au niveau National. Après une première génération de plans sectoriels élaborés dans le cadre de la CDN 2021-2025, l’adoption de la CDN 3.0 rendait nécessaire une actualisation de ces instruments. En effet, la mise en œuvre de la précédente CDN s’était accompagnée de plusieurs outils d’opérationnalisation, notamment un plan d’investissement, un plan de partenariat et des plans sectoriels intégrant la dimension genre. Avec la nouvelle CDN 2026-2030, il s’agit désormais de réviser ces référentiels afin qu’ils soient en phase avec les nouvelles priorités du pays.
C’est dans cette perspective que le Secrétariat Permanent de la Coordination des Politiques Sectorielles Agricoles et du Développement Durable (SP/CPSADD), avec l’appui de la Coopération belge à travers Enabel, a organisé cet atelier participatif à Tenkodogo.
À travers le PTCS-BFA, Enabel a mobilisé un financement d’environ 33 millions de FCFA pour accompagner ce processus de révision des plans sectoriels de la CDN. Selon Ouédraogo Nebnoma Norbert, Chargé de projet - Gouvernance locale à Enabel, cet appui ne se limite pas à un atelier ponctuel : il vise à soutenir l’ensemble du processus jusqu’à l’aboutissement de plans sectoriels actualisés, cohérents avec les nouvelles orientations de la CDN 3.0. « Cet atelier va permettre aux différents acteurs de revisiter les anciennes versions des plans sectoriels et d’y intégrer les nouvelles données introduites dans la CDN 3.0 », a-t-il expliqué.
Des plans sectoriels pour passer des engagements à l’action
Pour les responsables nationaux du processus, ces plans sectoriels représentent bien davantage qu’un simple exercice administratif. Ils constituent les véritables outils de suivi et d’opérationnalisation de la CDN dans chaque secteur. Selon Alain Combasséré, Point focal national de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, l’objectif de l’atelier est précisément de doter les différents secteurs de références clairs pour faciliter la mise en œuvre, le suivi et le rapportage des actions climatiques. « La CDN est un document global, mais sa mise en œuvre relève des différents secteurs. Les plans sectoriels permettent donc de relayer ce qui est prévu dans la CDN au niveau de chaque ministère, afin de faciliter le suivi et l’évaluation », a-t-il souligné.
À l’issue de l’atelier, chaque secteur doit ainsi disposer d’une première version actualisée de son plan sectoriel, intégrant les nouvelles priorités de la CDN 3.0 et pouvant servir de base à la mise en œuvre des engagements du Burkina Faso.
Des innovations au cœur de la mise à jour
Des éléments d’innovation ont été apportés à la CDN 3.0. Ces innovations seront traduites dans les plans sectoriels de la CDN Parmi les principaux éléments attendus dans les plans sectoriels figurent notamment une meilleure prise en compte du genre et des groupes vulnérables ; un alignement plus fort avec les priorités nationales de développement ; l’intégration d’indicateurs plus précis de suivi-évaluation ; une clarification des rôles institutionnels et une meilleure articulation entre adaptation, atténuation et financement climatique.
Une étape clé pour la mise en œuvre de la CDN 2026-2030
La mise à jour des plans sectoriels constitue une étape déterminante pour donner corps aux ambitions climatiques du Burkina Faso. En révisant ces outils, le pays se dote progressivement de référentiels plus adaptés à ses réalités actuelles et mieux alignés sur ses engagements internationaux. À travers cet atelier, les acteurs nationaux ont posé les bases d’une action climatique plus cohérente, plus concertée et plus opérationnelle.
Dans un contexte où les effets des changements climatiques se font de plus en plus pressants, cette démarche apparaît comme un levier essentiel pour transformer les engagements de la CDN 3.0 en actions concrètes au service des populations et du développement durable du Burkina Faso.
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