En quelques semaines, deux rendez-vous ont montré comment la filière lait et fourrage s’organise : à Kaédi pour définir les services de conseil dont les éleveurs ont besoin, à Kiffa pour préparer concrètement l’extension des cultures fourragères.
Kaédi, 7 et 8 octobre : définir le conseil de demain
Quarante acteurs venus de Nouakchott, du Trarza, du Brakna, du Gorgol, du Guidimakha, de l’Assaba et du Hodh se sont réunis à Kaédi pour un atelier de priorisation et de professionnalisation des services de conseil agropastoral. Organisé par le projet SYSALIM (Systèmes alimentaires durables et inclusifs), mis en œuvre par Enabel, Agence belge de coopération internationale, avec le financement de l’Union européenne, l’atelier a réuni éleveurs, facilitateurs, mini-laiteries, services de l’État, structures de recherche et de formation.
Leur question était simple : quels services de conseil les éleveurs ont-ils vraiment besoin, et qui peut les fournir durablement ? Quatre services ressortent : la ressource fourragère, l’alimentation et la performance laitière, la gestion de l’eau, et la reproduction et l’amélioration du troupeau. SYSALIM s’appuie sur les acquis de RIMDIR, RIMFIL et SECURALIM plutôt que de créer un système parallèle.
Kiffa, 29 octobre : passer à l’action
Quelques jours plus tard, c’est en Assaba que cette dynamique s’est concrétisée. Sous l’égide du Wali, le cadre de concertation de la filière lait et fourrage de l’Assaba a réuni administrations, élus, projets de développement, société civile et acteurs de la filière. Objectif : augmenter les superficies cultivées en fourrage vert pour mieux préparer la période de soudure, quand les pâturages se raréfient et que les éleveurs dépendent d’aliments importés.
La première phase vise plus de 100 hectares, avec des variétés adaptées au contexte local. Le Wali a appelé à passer de la concertation à la mise en œuvre, avec un suivi régulier et des responsabilités clairement définies. Le secrétaire général du cadre a rappelé le travail préparatoire (formation, prospection, coordination avec les partenaires), dont l’établissement, avec Enabel, d’une liste d’agriculteurs prêts à se lancer. À terme, l’initiative pourrait réduire la facture d’importation d’aliments pour le bétail et aider les éleveurs à mieux résister aux périodes de sécheresse.
Des cadres de concertation au cœur de la filière
Ces deux rencontres relèvent de la même approche. SYSALIM a installé ou redynamisé 20 cadres de concertation pour mieux organiser les chaînes de valeur agropastorales : ce sont ces espaces qui permettent aux acteurs d’identifier leurs priorités et de passer à l’action ensemble. En Assaba, l’une des sept wilayas (régions) d’action du projet, le cadre de concertation de la filière lait et fourrage a été mis en place avec l’appui de SYSALIM et prépare désormais l’extension des cultures fourragères.
Et maintenant ?
Les résultats de Kaédi alimentent une matrice opérationnelle des services prioritaires, et SYSALIM retiendra un nombre limité de services à expérimenter : tester, mesurer, apprendre, ajuster. Le même exercice est conduit pour le maraîchage et les céréales traditionnelles.
Projet SYSALIM, financé par l’Union européenne et mis en œuvre par Enabel, Agence belge de coopération internationale.
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