Analyse et utilisation des données sanitaires : les districts de Dédougou et de Tenkodogo renforcent leurs capacités pour mieux décider et mieux agir

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Du 6 au 11 juillet 2026 à Dédougou puis du 13 au 18 juillet 2026 à Tenkodogo, le ministère de la Santé, à travers la Direction générale des études et des statistiques sectorielles (DGESS) et sa Direction des statistiques sectorielles et de l’évaluation (DSSE), avec l’appui technique et financier de l’Agence belge de coopération internationale (Enabel) via le Programme Accès et Redevabilité en matière de Droits et Santé Sexuels et Reproductifs en Afrique de l’Ouest ( PARD-AO), a organisé deux sessions de formation au profit des membres des Équipes cadres de district (ECD) et des Infirmiers chefs de poste (ICP). L’objectif est de renforcer leurs compétences en analyse et utilisation des données sanitaires afin d’améliorer la prise de décision à tous les niveaux du système de santé.
Ces sessions décentralisées constituent la continuité de la formation des formateurs organisée quelques semaines plus tôt à Ouagadougou. Elles marquent une nouvelle étape dans la mise en œuvre du Plan stratégique du Système national d’information sanitaire (SNIS) 2026-2030, qui ambitionne de faire des données sanitaires un véritable outil de pilotage des politiques et des interventions de santé.

Faire des données un outil d'action

Le Burkina Faso dispose aujourd'hui d'un Système national d'information sanitaire (SNIS) structuré et décentralisé, qui permet de collecter les données de routine sur l'ensemble du territoire. Toutefois, la qualité des décisions dépend non seulement de la disponibilité de ces données, mais également de leur qualité, de leur analyse et de leur utilisation. C'est pour répondre à cet enjeu que la DGESS, à travers la DSSE, a développé une approche visant à instaurer une véritable culture de l'analyse des données au niveau opérationnel. Après une phase pilote conduite dans plusieurs districts sanitaires entre 2023 et 2025, l'initiative est progressivement étendue à d'autres districts avec l'accompagnement d'Enabel.
Selon le Dr Amadou Boro, représentant de la DSSE, cette formation répond à un constat partagé par les acteurs du système de santé : « Nous collectons beaucoup de données, mais leur qualité laisse souvent à désirer. Celui qui produit les données doit pouvoir les analyser afin de prendre des décisions avant même leur transmission. »
Il a également rappelé que la transformation numérique du secteur de la santé impose désormais une vigilance accrue quant à la qualité et à la sécurité des données, notamment celles relatives aux patients. La relance du comité national sur la qualité et la sécurité des données sanitaires, resté inactif depuis plusieurs années, s'inscrit dans cette dynamique.

Une formation résolument pratique

Durant cinq jours, les participants ont alterné exposés théoriques, exercices pratiques, travaux de groupe et plénières autour de situations réelles rencontrées dans leurs districts sanitaires.
Les modules ont porté sur la conduite des réunions d'analyse des données (RAD), le contrôle qualité des données issues du DHIS2, l'analyse des indicateurs liés à la santé de la reproduction, au paludisme et au VIH, ainsi que l'élaboration de plans de résolution des problèmes à partir des résultats observés. Une attention particulière a également été accordée à la pérennisation de cette démarche, à travers des mécanismes de restitution dans les formations sanitaires et un suivi assuré par les Directions régionales de la santé et les équipes cadres de district.

Une démarche construite avec les districts

Prenant la parole à Dédougou, Célestin Compaoré, Chef de projet Droits et Santé sexuels et reproductifs (PARD-AO) à Enabel, a rappelé que cette activité est directement issue d'un processus de co-construction mené avec le ministère de la Santé : « L'une des choses qu'Enabel promeut, c'est la co-création : bâtir avec les communautés, les bénéficiaires et les différents praticiens. »
Selon lui, les ateliers précédemment organisés ont permis de définir, avec les acteurs eux-mêmes, les actions prioritaires pour moderniser le système d’information sanitaire. Les formations de Dédougou et de Tenkodogo constituent ainsi l’une des premières traductions concrètes du Plan stratégique du SNIS 2026-2030. Il a également salué l’engagement des Médecins-chefs de district et des équipes locales, dont la mobilisation a permis l’organisation de ces sessions dans les meilleures conditions.

Développer une culture de l’analyse au niveau local

Pour le Dr Nathalie Ouédraogo, Médecin-chef du district sanitaire de Dédougou, le principal défi réside moins dans la collecte que dans l’exploitation des données : « Les données sont collectées et transmises, mais nous n’avons pas encore cette habitude de nous asseoir pour les analyser, identifier ce qui n’a pas marché et améliorer nos interventions. »
À travers cette formation, les agents de santé devront désormais être capables de conduire eux-mêmes des réunions d’analyse des données, d’interpréter les tendances observées et de prendre des décisions adaptées à leur contexte local, sans attendre systématiquement les orientations du niveau central. L’ambition est également que les participants assurent la restitution des acquis auprès de leurs collègues dans les centres de santé et les centres médicaux, afin que l’ensemble des équipes adopte une démarche commune d’analyse et d’utilisation des données.

Des données de qualité pour des décisions plus efficaces

Au-delà du renforcement des compétences individuelles, ces formations contribuent directement à la mise en œuvre du Plan stratégique du SNIS 2026-2030 et au renforcement durable du système national d’information sanitaire.
En développant les capacités des acteurs à produire des données de qualité, à les analyser et à les transformer en actions concrètes, le ministère de la Santé avec l’appui de ces partenaires comme Enabel ambitionne de faire des données sanitaires un véritable outil de gouvernance et de pilotage des politiques publiques.
Après la formation des formateurs organisée à Ouagadougou, les sessions de Dédougou et de Tenkodogo marquent une étape importante dans le déploiement national de cette approche. Elles illustrent la volonté commune du ministère de la Santé et d’Enabel, à travers le PARD-AO, de renforcer une culture de la décision fondée sur des données probantes au service d’un système de santé plus performant et plus résilient.

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