La revue de performance du secteur agricole au titre de l'année 2025 met en évidence des avancées importantes pour l'agriculture béninoise, tout en faisant ressortir les défis à relever pour renforcer la productivité, la transformation et la résilience du secteur.
Depuis 26 ans, Enabel accompagne cette dynamique aux côtés du Gouvernement et de l'ensemble des acteurs. Réunis pour la revue de performance du secteur agricole, les représentants du Gouvernement, des organisations professionnelles agricoles, du secteur privé, de la recherche et les Partenaires techniques et financiers ont porté un regard commun sur les résultats enregistrés en 2025 et sur les priorités à venir. Cette revue constitue un moment important de dialogue sectoriel. Elle permet de mesurer les progrès réalisés, d'identifier les difficultés persistantes et de mieux aligner les interventions autour des priorités du secteur.
Des résultats qui témoignent d'une dynamique
Les données du rapport de performance 2025 montrent la place stratégique de l'agriculture dans l'économie béninoise. En 2025, le secteur agricole représente
25,35 % du PIB . Les dépenses publiques réalisées dans le secteur ont atteint
313,7 milliards de FCFA , soit une progression de 14,9 % par rapport à 2024 . La part des dépenses publiques consacrées à l'agriculture s'établit ainsi à 10,93 % , dépassant l'engagement de 10 % pris dans le cadre de la Déclaration de Malabo. Ces efforts d'investissement s'accompagnent de résultats en matière de sécurité alimentaire et de cohésion dans les territoires. 69 communes présentent une couverture satisfaisante de leurs besoins alimentaires, tandis que les conflits meurtriers entre agriculteurs et éleveurs ont diminué de 42,8 % .
La performance du secteur est également reconnue à l'échelle continentale. Lors de la cinquième revue biennale du Programme détaillé de développement de l'agriculture africaine (PDDAA), le Bénin s'est classé premier de la CEDEAO et cinquième en Afrique , avec une note de 7,15 sur 10 .
De la production à la création de valeur
Au-delà des volumes produits, la transformation des chaînes de valeur constitue désormais un enjeu majeur. Le développement progressif de la transformation locale concerne notamment le coton, l'anacarde, l'ananas, le soja, le karité et le riz. Des initiatives de valorisation de l'origine et de la qualité des produits béninois progressent également. En 2025, les certificats d'enregistrement des indications géographiques du Gari Sohoui de Missè et de l'Agonlinmi ont notamment été délivrés par l'OAPI. Dans la filière ananas, par exemple, 74 445 tonnes ont été transformées en 2025 en jus, découpes et ananas séchés par 247 unités de transformation, contre 67 822 tonnes en 2024. Ces évolutions illustrent une ambition qui dépasse la seule augmentation de la production : créer davantage de valeur localement, développer les chaînes de valeur et renforcer les opportunités économiques pour les acteurs du secteur.
Des défis qui restent à relever
La performance du secteur doit être appréciée à la lumière cependant des défis persistants. Avec une croissance de 5,7 % en 2025 , le PIB agricole progresse mais reste en dessous du seuil de 6 % retenu dans les engagements de Malabo et de la cible de 10 % fixée par le PNIASAN. Le rapport identifie plusieurs priorités : renforcer la recherche et l'innovation agricole, améliorer l'accès aux entrants, au financement et au conseil agricole, accélérer la mécanisation et la transformation agro-industrielle, renforcer la qualité des produits et la résilience des systèmes de production face aux changements climatiques. La sécurisation foncière demeure également un enjeu important. Selon les données du rapport, moins de 1 % des exploitants disposant d'un titre ou certificat foncier officiel, ce qui peut limiter leur capacité à investir et à accéder au crédit. La recherche et l'innovation constituent un autre point d'attention. En 2025, les dépenses consacrées à la recherche agricole représentaient 0,39 % du PIB agricole, encore loin de l'objectif de 1 % fixé dans les engagements de Malabo.
Une transformation qui repose sur le partenariat
Face à ces défis, la coordination entre les différents acteurs apparaît comme un levier essentiel.
Dans son intervention, Olivier KRINS, Directeur d'Enabel au Bénin et chef de fichier des Partenaires techniques et financiers du secteur, a réaffirmé la disponibilité des PTF pour accompagner les ambitions du Gouvernement pour le secteur agricole. Cet engagement repose notamment sur trois principes : l'alignement des interventions sur les priorités nationales, le renforcement de la coordination et la redevabilité ainsi que l'inclusion des acteurs du secteur dans le dialogue, notamment les producteurs, les organisations paysannes, le secteur privé, les femmes et les jeunes.
Le Président de la Chambre Nationale d'Agriculture du Bénin, Monsieur Imali DJETTA a, de son côté, a rappelé l'importance de renforcer la structuration des filières et des interprofessions et de poursuivre l'accompagnement des acteurs agricoles. En 2025, le Bénin comptait 10 interprofessions couvrant notamment le coton, l'anacarde, le karité, le riz, l'ananas, l'aviculture, le poisson d'élevage, le soja, le palmier à huile et les cultures maraîchères.
Pour Enabel, poursuivre l'engagement aux côtés du secteur
Depuis 26 ans, Enabel est fière de contribuer, aux côtés du Gouvernement et de ses partenaires, à la transformation du secteur agricole béninois. Cet engagement s'inscrit dans une approche fondée sur le partenariat, la proximité avec les acteurs et la recherche de solutions durables répondant aux réalités des territoires. Les résultats de 2025 constituent un point d’appui important. Ils rappellent également que la transformation du secteur agricole est un processus de long terme, qui nécessite de poursuivre les investissements, de renforcer les capacités des acteurs et de favoriser une meilleure articulation entre politiques publiques, innovation, financement, production et marchés. Consolider les acquis. Accélérer la transformation. Renforcer la résilience. Et faire en sorte que la performance du secteur se traduise toujours davantage en opportunités, en revenus et en emplois. C'est autour de cette ambition collective que doivent se poursuivre les efforts pour une agriculture béninoise plus productive, plus compétitive et plus résiliente.