Le samedi 28 février 2026, les
ondes de Radio ZAMA FM, station émettant depuis Kaya et couvrant
l’ensemble de la zone jusqu’à Pibaoré, ont vibré au rythme d’une émission
spéciale consacrée à la sécurisation foncière rurale, à la prévention
des conflits et au rôle de l’Attestation de Possession Foncière Rurale
(APFR).
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du Portefeuille Thématique Climat
Sahel – Volet Burkina Faso (PTCS-BFA), mis en œuvre par Enabel et
financé par le Royaume de Belgique.
Modérée par le journaliste Wendata OUÉDRAOGO,
l’émission a réuni autour de la table plusieurs acteurs clés, dont Nebnoma
Norbert OUEDRAOGO, Chargé de projet – Gouvernance Locale à Enabel,
intervenant comme représentant de l’agence belge de coopération internationale.
L’Observatoire national du foncier au Burkina Faso (ONF‑BF), les autorités
coutumières et un représentant des bénéficiaires ont également pris part à
cette session d’échanges interactifs.
Renforcer la
compréhension des populations sur l’APFR et le foncier rural
Dès l’ouverture, le journaliste a
rappelé le contexte : la remise officielle, la veille, de 100 APFR à Kaya dans
le cadre du PTCS‑BFA, un jalon majeur pour la sécurité foncière des communautés
locales.
Nebnoma Norbert OUEDRAOGO,
représentant Enabel, a expliqué les fondements de l’engagement de l’agence : «
Le PTCS‑BFA vise à renforcer la résilience des communautés face aux effets du
changement climatique en améliorant la gestion durable du foncier. La
sécurisation foncière est un pilier essentiel pour prévenir les conflits et
favoriser le développement local ».
Il a mis en exergue le rôle d’Enabel :
appui technique, accompagnement méthodologique, appui logistique aux procédures
locales et facilitation de l’accès aux documents fonciers via le projet Soutien
à la Décentralisation foncière, à la Prévention et à la Gestion des Conflits (SDF‑PGC),
mis en œuvre par l’ONF‑BF.
Démystifier
les procédures d’obtention de l’APFR
L’intervention
du représentant de l’ONF‑BF Adama DEME s’est voulue pédagogique, rappelant les
étapes du processus d’obtention de l’APFR : dépôt de la demande auprès de la
commission foncière villageoise, réception de la demande au niveau du service
foncier rurale, sortie terrain de l’agent domanial (prise de coordonné,
réalisation de croquis), dépôt du dossier auprès des services de la direction
régionales des impôts (RDPF et cadastre) pour requérir leur avis, publication
foncière, constatation contradictoire (assortie de PV), paiement des coûts
locaux par le demandeur, signature de l’APFR par le président du conseil de
collectivité.
Il a également souligné l’importance
de vulgariser les textes juridiques et de soutenir les populations dans des
procédures souvent jugées longues ou complexes.
Le rôle
crucial des autorités locales et coutumières
L’émission a mis en lumière les défis
rencontrés par la mairie de Pibaoré en matière de gestion foncière : pression
croissante sur les terres, méconnaissance des procédures administratives par
les usagers, et nécessité d’une coordination étroite avec les acteurs
coutumiers.
Les chefs coutumiers, garants de la
légitimité sociale en matière de foncier, ont rappelé leur implication décisive
dans l’identification des détenteurs coutumiers, la validation communautaire
des limites parcellaires et la prévention des litiges. Leur rôle, ont-ils
souligné, est essentiel pour instaurer un climat de confiance et garantir la
pérennité des initiatives foncières.
Témoignages
des bénéficiaires : une transformation concrète du quotidien
Au fil de l’émission, un représentant
des bénéficiaires a partagé son expérience, soulignant l’impact de l’APFR sur
la sécurité et la sérénité de son exploitation agricole : « Obtenir l’APFR,
c’est être enfin sûr que la terre que l’on cultive depuis des années nous
appartient officiellement. Cela ouvre aussi des perspectives nouvelles : accès
au crédit, investissement dans la terre, transmission à nos enfants. »
Ce témoignage a permis d’illustrer la
portée réelle des actions entreprises : la sécurisation foncière ne se limite
pas à un document administratif, elle transforme durablement les perspectives
économiques des ménages ruraux.
Un outil
puissant de prévention des conflits
Tous les intervenants s’accordent sur
le fait que la sécurisation foncière est un levier majeur de paix sociale
dans les zones rurales du Burkina Faso. Les conflits liés à la terre y sont
fréquents, et l’absence de documents officiels crée ambiguïtés, tensions et
parfois violences.
L’émission a rappelé que l’APFR, en
clarifiant les droits, contribue directement à réduire les litiges et à
renforcer la cohésion sociale. La séance d’échanges avec les auditeurs a
d’ailleurs permis d’apporter des réponses précises aux préoccupations liées à
ces tensions.
Une émission
interactive au service du développement local
En clôturant l’émission, le
journaliste a salué l’engagement du PTCS‑BFA et l’implication de tous les
acteurs. Il a rappelé que cette initiative n’est qu’une composante d’un
programme plus large visant à promouvoir un foncier sécurisé, inclusif et
durable, condition indispensable à la résilience climatique et au
développement rural.
Grâce à cette émission, les
populations de Kaya, Pibaoré et des villages environnants ont bénéficié d’un
temps d’éclairage, de dialogue et d’information structuré, renforçant ainsi
leur compréhension des enjeux fonciers et leur capacité à entreprendre des
démarches pour sécuriser leurs terres.
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