Du champ à la transformation : Enabel accompagne les filières agricoles pour renforcer la production.

  • Du champ à la transformation : Enabel accompagne les filières agricoles pour renforcer la production.

Au Burkina Faso, Enabel accompagne 52 coopératives dans cinq chaînes de valeur agricoles à travers le Portefeuille thématique climat Sahel (PTCS) et son projet RILGRÉ. Des bio-intrants à la commercialisation, les appuis techniques et des subventions renforcent les liens entre producteurs et transformateurs. Une mission de suivi menée du 29 septembre au 1er octobre 2026 a permis d’échanger sur les cultures et les difficultés rencontrées, dans une démarche qui rejoint la priorité nationale d’autosuffisance alimentaire.

« Souvent nous avions des difficultés avec nos clients du fait qu’on n’arrivait pas à satisfaire leur commande », raconte Sana Salmata, active dans l’étuvage du riz. Les petites quantités transformées et les difficultés de transport limitaient son activité. Avec les équipements reçus, elle indique désormais approcher une tonne de riz étuvé.
Son témoignage illustre l’approche du projet RILGRÉ : accompagner les différentes étapes qui permettent de produire, transformer et vendre. Cinq chaînes de valeur sont concernées : le niébé, le sésame, l’arachide, le riz et les bio-intrants, avec notamment Solidar Suisse et Beo Néeré Agroécologie comme partenaires de mise en œuvre.
Cet accompagnement rejoint la priorité donnée par l’État burkinabè à la production nationale pour soutenir l’autosuffisance alimentaire, notamment à travers l’Initiative présidentielle pour la production agricole et l’autosuffisance alimentaire. À l’échelle des organisations bénéficiaires, il vise à renforcer la production locale et la valorisation des récoltes pour répondre aux besoins alimentaires.

Des intrants aux récoltes

La chaîne commence notamment dans les unités de production de bio-intrants, qui approvisionnent les exploitations agricoles en compost. Portées par des femmes et des jeunes, ces unités incluent également des personnes déplacées internes et des personnes vivant avec un handicap.
Dambré Noélie fait état d’un financement de 800 000 FCFA pour améliorer les installations de son organisation, ainsi que de formations à la fabrication de bio-intrants. Une initiative d’épargne a alors accompagné l’activité : « Après la vente, sur chaque sac vendu nous épargnons 250 francs. ». Pour le riz, le PTCS a aménagé environ 43 hectares de bas-fonds dans les communes de Ziga, Boulsa, Méguet, Andemtenga et Kando, avec un taux d’accès des femmes supérieur à 40 %. Les appuis comprennent aussi les intrants, les formations et l’organisation des producteurs.
« Avant, je ne savais pas faire de la culture du riz, je n’ai jamais cultivé du riz », témoigne Compaoré Assetou, responsable de la coopérative des exploitantes du bas-fond de Kiongo. Elle explique avoir appris cette culture grâce à l’accompagnement reçu. Diallo Sanaba, exploitant du même bas-fond souligne à son tour l’intérêt pour les familles : « Cela nous permet d’atteindre une certaine autosuffisance alimentaire. »

Transformer davantage et valoriser les sous-produits

Huit coopératives féminines ont été soutenues pour transformer et commercialiser le riz, avec des sous-subventions pouvant atteindre 4,5 millions de FCFA. Selon le bilan du projet, après une année d’activité, elles avaient transformé 43,141 tonnes de riz et réalisé un chiffre d’affaires de 32 millions de FCFA.
Kaboré Tibo cite notamment des marmites, des barriques, un tricycle et un magasin de stockage parmi les appuis reçus. Tiemtoré Rasmata, elle, relie les retombées de l’activité aux dépenses familiales, notamment à la scolarisation des enfants.
Le son de riz est aussi vendu pour l’alimentation animale et le compostage. La paille alimente les unités de bio-intrants, don’t le compost retourne dans les bas-fonds. Les coopératives ont également été formées à la fabrication de biochar à partir de cette paille.

Du matériel et des débouchés pour les autres filières

Dans le sésame, Belemsebgo André rapporte un financement supérieur à 1,5 million de FCFA pour du matériel et un magasin. Il souligne aussi l’apport des formations : « Nous avons découvert le bokashi et avec cela nous constatons un réel changement dans nos productions de sésame. »
Dans l’arachide, Rouamba Bernard rappelle le manque initial d’outils : « Imaginez 20 personnes travailler avec une ou deux dabas. ». Narré Jacqueline décrit l’acquisition d’équipements de transformation et d’un magasin. Kaboré Binta indique que les quantités transformées peuvent désormais atteindre vingt plats d’arachides par semaine, contre cinq auparavant.
La vente reste déterminante. Oubda Augustine, de l’association Wend-Yam, explique que les recettes sont réinvesties dans la production. Ouedraogo Hamadou insiste quant à lui sur la qualité, la visibilité et la disponibilité : « Il faut que le produit soit disponible à tout moment pour le client. ».

Ces acquis restent exposés aux aléas climatiques. Lors du suivi, Tougma Jonas, chef de zone dans la commune d’Andemtenga, signalait des pluies tardives et des poches de sécheresse. Pour poursuivre les activités, les organisations misent sur les cotisations, l’épargne et les compétences acquises. Comme le résume Soré Salif : « Même si le projet prenait fin, la formation reçue nous servira toujours. »

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