Dix années d’appui pour améliorer l’accès aux soins

  • Dix années d’appui pour améliorer l’accès aux soins

Mis en œuvre en trois phases, le programme « Amagara mu muryango » a accompagné d’importantes évolutions du système de santé burundais. L’Union européenne a consacré près de 120 millions d’euros à cet appui, notamment pour contribuer au financement de la gratuité des soins en faveur des femmes enceintes et des enfants de moins de cinq ans.

La première phase, mise en œuvre par Enabel de juin 2016 à novembre 2019, a bénéficié d’un financement européen de 42,5 millions d’euros. Cette contribution a notamment permis de participer au paiement de la facture globale liée à la gratuité des soins et services de santé pour les femmes enceintes, les femmes qui accouchent dans les structures de santé et les enfants de moins de cinq ans.

La deuxième phase, lancée en décembre 2019 et clôturée en mai 2022, a été soutenue par un financement de l’Union européenne de plus de 28 millions d’euros. Depuis 2022, la troisième phase du programme, qui s’étend jusqu’en 2026, dispose d’une enveloppe de 48,5 millions d’euros destinée au Financement Basé sur la Performance couplé à la gratuité des soins.   Concrètement, environ 800 000 euros sont mobilisés chaque mois pour cofinancer la gratuité des soins destinés aux femmes enceintes et aux enfants de moins de cinq ans. 

Avec un taux d’exécution financière de 99 %, le programme revendique aujourd’hui environ 4,5 millions de bénéficiaires directs. Des résultats qui dépassent le seul financement Au-delà du financement de la gratuité des soins, le programme a également soutenu plusieurs initiatives visant à améliorer la qualité des services de santé, en étroite collaboration avec le ministère de la Santé publique. Parmi les principales réalisations figurent notamment :

  • L’amélioration de la qualité des soins, grâce à des évaluations inopinées réalisées dans 1 124 centres de santé. Alors que certains établissements obtenaient initialement des scores inférieurs à 30 %, voire nuls, plusieurs dépassent aujourd’hui les 70 %.
  • Le renforcement des compétences et des infrastructures, avec la réalisation d’audits cliniques dans les 48 hôpitaux de district.
  • Le renforcement de l’offre chirurgicale, à travers la formation et le déploiement de 65 équipes chirurgicales, avec l’appui de la coopération bilatérale belge.
  • La modernisation de la transfusion sanguine, avec la numérisation de quatre centres régionaux de transfusion sanguine.
  • Le renforcement du contrôle et de la vérification des données, grâce à la mise à disposition de 350 tablettes numériques destinées à optimiser une approche fondée sur les risques.
Ces différentes interventions témoignent d’une volonté de faire du FBP non seulement un mécanisme de financement, mais également un levier d’amélioration de la qualité et de la performance du système de santé.

Des défis encore à relever
Si les résultats enregistrés au cours de ces dix années constituent des acquis importants, les discussions de l’atelier mettent également en évidence plusieurs défis qui nécessitent une attention particulière. Les participants soulignent notamment l’insuffisance des financements pour certains investissements indispensables à l’amélioration durable de la qualité des soins. Ils relèvent également que les constats issus des audits, contrôles et évaluations ne donnent pas toujours lieu, de manière systématique, aux mesures correctives attendues aux niveaux des districts et des provinces.

La progression de certains indicateurs de santé demeure par ailleurs relativement lente, notamment en ce qui concerne la consultation prénatale recentrée, soulignant la nécessité de poursuivre les efforts pour améliorer la couverture et la qualité des services essentiels.

De la capitalisation à une nouvelle feuille de route
L’atelier ne se limite donc pas à dresser un bilan. Il vise également à dégager des pistes concrètes pour la prochaine étape. Les échanges réunissent un large éventail d’acteurs du système de santé : responsables du ministère de la Santé publique, médecins provinciaux et de district, directeurs d’hôpitaux, responsables de centres de santé, chercheurs ainsi que partenaires techniques et financiers.

Des experts internationaux venus du Niger et du siège d’Enabel apportent également leurs expériences sur le Financement Basé sur la Performance et l’assurance maladie. Les travaux s’appuient en outre sur plusieurs études réalisées avec l’appui de l’Institut National de Santé Publique du Burundi (INSP) et de l’Institut de Médecine Tropicale d’Anvers (IMT).

Ces recherches portent notamment sur le coût des soins, l’accessibilité financière, la capacité contributive du secteur informel et l’identification unique des patients. Autant de données destinées à alimenter la réflexion sur la mobilisation durable des ressources et à accompagner les efforts du Burundi vers une assurance maladie universelle à caisse unique. Après dix années d’investissement et d’expérimentation autour du Financement Basé sur la Performance et de la gratuité des soins, l’heure est donc à la capitalisation des acquis et à la préparation de la prochaine étape.

L’enjeu est désormais de transformer les enseignements tirés de cette décennie en orientations permettant de consolider les progrès réalisés et de répondre aux défis encore présents dans l’accès à des soins de qualité pour la population burundaise.  

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