Le monde connait
de plus en plus la survenue de catastrophes et situations d'urgence. L'OMS (Organisation
Mondiale de la Santé) considère la santé mentale comme une priorité lors des
catastrophes, vues les détresses psychologiques et troubles mentaux qu’elles
peuvent entrainer. Il est préconisé des approches comme le soutien
psychosocial, la formation des intervenants et l'intégration de la santé
mentale dans les plans d'urgence.
Dans un pays confronté aux effets combinés des conflits, des
glissements de terrain, des inondations ou encore d’épidémies comme la
COVID-19, les professionnels de santé sont souvent les premiers à être appelés
pour intervenir auprès des personnes en détresse psychologique suite à des
situations d’urgence. Pourtant, beaucoup ne disposent pas des outils
nécessaires pour identifier, apaiser et orienter efficacement ces personnes. Pour
répondre à ces défis, soixante médecins généralistes et infirmiers travaillant
dans des zones particulièrement exposées ont suivi une formation en premiers
secours psychologiques (PSP). Cette formation visait le renforcement des
compétences du personnel de santé en matière de soutien psychosocial en
situation d’urgence constitue un enjeu majeur.
Organisée du 17 au 21
novembre 2025, cette session s’inscrivait dans le cadre de la célébration
de la Journée mondiale de la santé mentale 2025, placée sous le thème : «
Accès aux services – La santé mentale dans les catastrophes et les situations
d’urgence ». Les prestataires sélectionnés provenaient des hôpitaux de
district des huit provinces suivantes : Kirundo, Cibitoke, Ruyigi, Cankuzo,
Ngozi, Muyinga, Rutana et Rumonge.
Selon l’OMS, la quasi-totalité
des personnes qui ont vécu une situation d’urgence souffriront de troubles
psychiques comme un sentiments d’anxiété, de tristesse, de désespoir, des
troubles du sommeil, de la lassitude, de l’irritabilité, de la colère ou des
douleurs. Dans la plupart des cas, ces troubles s’estomperont avec le temps. Cependant, pour certains les effets sur la santé mentale peuvent perdurer. Ainsi une
personne sur cinq (22 %) ayant connu la guerre ou une autre situation de conflit
il y a 10 ans ou moins souffrira de dépression, d’anxiété, de stress
post-traumatique (PTSD), etc.
Le Burundi a inscrit la santé
mentale parmi les priorités nationales. Le Plan Stratégique Intégré de Lutte
contre les Maladies Chroniques Non Transmissibles, en cohérence avec le Plan
National de Développement Sanitaire, promeut l’intégration des soins de santé
mentale au sein des soins de santé primaires.
La formation dispensée visait
ainsi à renforcer des capacités des soignantes de compétences pratiques pour reconnaître
la détresse psychologique lors de situations de crise ; assurer un soutien
immédiat des victimes, respectueux et répondant à leurs besoins et sécuriser la
victime et faciliter son orientation vers les services appropriés.
Cette action a été menée par
le Ministère de la Santé Publique, à travers le PNILMCNT (Programme Intégré de Lutte contre les Maladies Chroniques
Non Transmissibles), qui a la charge du développement des soins de
santé mentale dans le pays, avec l’appui technique et financier d’Enabel,
dans le cadre du projet NTUSIGARE INYUMA Santé.
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