Mieux reconnaître les violences, savoir comment les prévenir et oser les signaler : à Gemena et Budjala, dans le Sud-Ubangi, la sensibilisation aux violences basées sur le genre (VBG) en milieu professionnel franchit une nouvelle étape. Après avoir été formés, 50 agents et cadres de l’administration publique prennent désormais le relais auprès de leurs collègues pour partager les connaissances acquises et contribuer à prévenir les violences dans leurs propres services.
Dans plusieurs services publics de l’État, notamment au Cadastre, à l'Urbanisme, aux Affaires sociales, au Genre, aux Travaux publics et à l’Éducation nationale (Sous province éducationnelle), des agents et cadres ont participé à des séances de sensibilisation consacrées aux violences basées sur le genre (VBG) en milieu de travail. Organisés avec l’appui du Projet Santé-LVSI Sud-Ubangi d’Enabel, ces échanges ont permis d’aborder les VBG sous un angle concret et directement lié aux réalités professionnelles : mieux les reconnaître, savoir les prévenir et connaître les moyens d’agir et de les signaler lorsqu’elles surviennent.
Au-delà du rappel des principaux concepts, les discussions ont porté sur des situations concrètes auxquelles les agents peuvent être confrontés dans leur environnement professionnel : harcèlement sexuel, discrimination fondée sur le genre, abus de pouvoir, exploitation et abus sexuels. Les participants ont également échangé sur les causes et conséquences de ces violences pour les victimes, mais aussi sur les relations entre collègues et sur le climat général de travail.
Les échanges ont surtout permis de questionner certaines perceptions encore présentes dans les milieux professionnels. Parmi elles, l’idée qu’une victime devrait garder le silence pour éviter d’aggraver une situation ou de créer des tensions.
Pour Monsieur Kizo, Chef de Division provincial à la Décentralisation et participant, cette perception a évolué au cours des échanges :
« Nous avons souvent tendance à penser qu’une victime doit simplement supporter ou garder le silence pour éviter des problèmes. J’ai compris aujourd’hui que dénoncer une violence n’est pas créer un conflit : c’est contribuer à protéger la dignité de la personne et à construire un milieu de travail plus sûr pour tout le monde. »
Cette prise de conscience constitue l’un des principaux acquis des séances. Les participants ont également passé en revue le cadre légal applicable, notamment le Code pénal congolais, le Code du travail et le Statut modifié des agents de carrière des services publics de l’État. Ces textes ont été examinés à la lumière des situations de VBG afin de mieux comprendre les responsabilités et les conséquences auxquelles s’expose toute personne qui se rend coupable de tels actes. Les échanges ont également porté sur les mécanismes de signalement et de prise en charge, avec un accent particulier sur la nécessité de garantir aux victimes et aux personnes qui signalent un mauvais comportement un cadre sûr, confidentiel et respectueux de leurs droits.
À Budjala, les échanges ont ainsi dépassé la transmission de connaissances. Les agents regroupés au bureau de l'Administration du Terroire ont posé des questions, partagé leurs expériences et confronté les notions abordées aux réalités de leurs services. Une responsabilité collective s’est progressivement dégagée : la prévention des VBG ne repose pas uniquement sur les responsables ou les services spécialisés en VBG; elle concerne chaque agent et chaque collègue.
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