La région du Sahel est particulièrement vulnérable aux changements climatiques. C’est une région où les questions de changement climatique, de dégradation des écosystèmes et de conflit sont étroitement interconnectées et se traduisent par des impacts environnementaux majeurs. Pour renforcer la résilience des populations sahéliennes vulnérables, Enabel, à travers son Portefeuille Thématique Climat Sahel (PTCS) accompagne les communautés locales en améliorant la disponibilité et l’accessibilité aux bonnes pratiques et aux innovations relatives à la résilience au changement climatique et à la restauration des terres.
Dans ce cadre, le Portefeuille Thématique Climat Sahel (PTCS) a prévu mobiliser des acteurs du monde scientifique et de la recherche pour contribuer à l’identification et à la diffusion de solutions adaptées et pérennes en matière de gestion durable des écosystèmes sahéliens. C’est ainsi le volet régional et le volet Burkina Faso du PTCS a accompagné la mise en place de trois plateformes d’innovation en matière de la résilience climatique et de la gestion durable des écosystèmes sahéliens dans les communes de Koupéla, Meguet et Boulsa respectivement dans les régions du Nakambé, de Oubri et de Koulsé. Trois centres d’innovation agroécologiques ont été aménagés au profit de ces trois plateformes d’innovation.
Dans le cadre de ce projet, six (06) bourses d’études dont trois en Thèse de Doctorat et trois en Master ont été octroyé à des étudiants burkinabé par Enabel. Leurs travaux de recherche sont en cours et contribueront à améliorer les résultats de la recherche dans les domaines de l’agroécologie et du changement climatique et contribuer à l’atteintes des objectifs du portefeuille.
Ces étudiants ont conduit leurs recherches dans les centres d’innovation agroécologiques des trois plateformes d’innovation. L’état et les résultats de leurs travaux se présentent dans les lignes qui suivent.
Minata SANOU, Doctorante à l’Université Joseph KI-ZERBO mène ses travaux de recherche sur la « contribution de la Faidherbia Albida dans la gestion des sols sous culture agroforestier ».
L’objectif général de sa recherche est de contribuer à la résilience aux changements climatiques et à la gestion durable des écosystèmes dans la commune de Koupéla, région du Centre-Est du Burkina Faso.
L’étude consiste à faire des enquêtes ethnobotaniques complémentaires sur Faidherbia albida et mettre en place un essai expérimental pour son intégration dans les systèmes de production. Il été également question de prélever des sols des sols (échantillons composites de sol) sous et hors houppier de Parkia biglobosa (Néré), de Vitellaria paradoxa (Karité) et du Faidherbia albida à l’horizon 0-10 et 10-20 cm pour apprécier l’apport en éléments nutritifs de ces espèces agroforestières. Les horizons 0-10 cm ont été analysés grâce au soutien d’Enabel.
Les paramètres de croissance dont la hauteur des plants du collet au bourgeon terminal ; le diamètre au collet ; le nombre de feuilles/rameau et le nombre des rameaux/pied ont été mesurés. A ce jour, l’étude montre environ 60 % de taux de réussite de semis et plantation de Faidherbia albida soit 72 pieds/ha.
L’étudiante Minata poursuit ses travaux de recherche qui aboutiront à une soutenance de thèse et à des publications scientifiques.
OUEDRAOGO Abasse, Doctorant à l’Université Joseph KI-ZERBO mène ses travaux de recherche sur « Evaluation d’extrait aqueux de Calétropis procréa face aux agresseurs d’ordre fongiques du soja au Burkina Faso ».
Il conduit sa recherche dans un conte de limitation de la production de soja par les maladies fongiques et son cette étude propose une alternative durable aux fongicides de synthèse : l’utilisation d’extraits aqueux de Calotropis procera et Lippia multiflora, plantes locales accessibles et biodégradables.
Son objectif général est d’améliorer la productivité du soja via des traitements naturels. Et de façon spécifique il fait l’inventaire des champignons pathogènes dans la zone de Koupèla.
RÉSULTATS CLÉS OBTENUS
• Collecte et isolement : 12 souches isolées à partir des semences et 19 à partir des plantes malades.
• Prédominance fongique : Aspergillus spp. domine avec 55,39 % des isolats, suivi de Curvularia (9,83 %) et Fusarium (4,91 %).
• Enquête de terrain : Sur 100 producteurs interrogés, Lippia multiflora est déjà utilisée traditionnellement pour la conservation des semences, tandis que Calotropis procera reste méconnue et sous-exploitée.
• Collecte des plantes : Réalisée à 80 % en période de floraison pour maximiser les composés bioactifs.
L’étudiant Abasse poursuit ses travaux de recherche qui aboutiront à une soutenance de thèse et à des publications scientifiques.
Vanessa Tégawandé BORO/KABORE, Doctorante à l’Institut International d'Ingénierie de l'Eau et de l'Environnement (2iE), a mené ses travaux de recherche sur « la solution d'imperméabilisation accessible et durable de bassin des collectes des eaux de ruissellement en zone soudano sahélienne ».
Elle a conduit sa recherche dans un contexte auquel la gestion durable de l’eau en zone soudano-sahélienne constitue un enjeu stratégique dans un contexte de sécheresses récurrentes, de forte variabilité pluviométrique et de dégradation accélérée des terres agricoles. Les bassins de collecte des eaux de ruissellement (BCER) représentent donc une solution clé pour l’irrigation d’appoint, mais leur efficacité est fortement limitée par les pertes par infiltration. Sa recherche a évalué les performances techniques, économiques et environnementales de cinq matériaux de revêtement (bitume, kaolinite, vertisol, géomembrane PEHD et perré maçonné), à travers (i) une enquête participative auprès de 41 producteurs (méthode WASO-2) et (ii) une expérimentation in situ conduite sur les saisons pluvieuses 2024–2025.
Les résultats indiquent que le bitume réduit les infiltrations de 85 %, mais induit une contamination de l’eau par les hydrocarbures totaux, atteignant 2,4 mg/L, incluant des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) à potentiel cancérogène. Cette contrainte limite son usage aux contextes non alimentaires.
La kaolinite permet une réduction des infiltrations de 82 % avec un excellent rapport coût-efficacité. Le vertisol, bien que performant en fin de saison par gonflement argileux, demeure limité par une forte turbidité et une faible durabilité.
La géomembrane PEHD de 80 µm s’est révélée structurellement fragile, tandis que le perré maçonné, bien que robuste, présentait une perméabilité initiale excessive.
Une réhabilitation technique, basée sur l’utilisation d’une géomembrane PEHD de 750 µm et d’un perré renforcé par un mortier hydrofuge (350 kg/m³, 10 % Sikalite), a permis une amélioration durable des performances. Le suivi de la qualité de l’eau, fondé sur 11 paramètres physico-chimiques, montre que la géomembrane stabilise les caractéristiques chimiques, mais induit une augmentation des chlorures (+60,23 %) et du pH (+48,40 %). Les revêtements argileux améliorent l’acidité et certains ions (réduction du SAR jusqu’à −74,23 %, augmentation du Ca²⁺), mais génèrent une turbidité incompatible avec l’irrigation localisée.
Ces résultats confirment que le choix des revêtements de BCER doit intégrer simultanément les critères d’étanchéité, de coût, de durabilité et de qualité de l’eau, en tenant compte du risque de contamination par hydrocarbures. La géomembrane épaisse (750 microns) et le perré maçonné renforcé apparaissent comme les solutions les plus fiables à long terme pour les conditions agro climatiques soudano-sahéliennes.
Vanessa a soutenu sa thèse de doctorat avec brio
couronné d’une mention « Honorable ».
Vous pourrez consulter ses publications
scientifiques par le lien ci-dessus :
https://www.mdpi.com/2079-9276/13/10/144
Hamadé BONKOUNGOU, étudiant en Master 2 à l’Université NAZI-BONI /IDR mène ses recherche sur « le renforcement de la productivité du maïs en contre saison a Roumtenga : évaluation variétale et réponse a la fertilisation ».
L’objectif de cette recherche est de renforcer la productivité du maïs cultivé en identifiant les variétés et fertilisations adaptées. Plus spécifiquement, l’étude vise à comparer les performances agronomiques de plusieurs variétés de maïs à double usage et à analyser l’effet de la fertilisation chimique, organique et mixte sur le rendement en grain et en biomasse.
Les résultats atteints sont entre autres :
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Le dispositif expérimental a été mis en place avec succès
en contre saison, incluant huit variétés de maïs et quatre types de
fertilisation dans un dispositif en split-plot avec répétitions.
o
Les semis ont montré un bon taux de levée, indiquant une
bonne qualité des semences et une bonne adaptation des variétés aux conditions
de contre saison.
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Les premières
observations agronomiques ont permis de collecter des données fiables sur la
croissance des plantes, le développement végétatif et la production de
biomasse.
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Les résultats préliminaires montrent des différences entre
variétés et entre modes de fertilisation, suggérant une interaction importante
entre le matériel végétal et la gestion de la fertilité des sols.
o
L’analyse des données montre que des variations ont été
observées sur le poids des épis, le poids de mille grains et la production de
fourrage.
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Actuellement nous sommes dans les corrections pour le dépôt
du mémoire
Hamadé poursuit
ses recherches en préparant sa soutenance. Les résultats de ses travaux
contribueront à améliorer les pratiques agricoles au niveau paysans.
Aurelie Flavy Rufine ZONGO, étudiante en Master 2 à l’Université Nazi BONI (UNB) mène ses recherche sur « Effet de cinq biofertilisants sur le rendement d’oignon et sur le sol».
Ses recherches ont pour but de faire face à la dégradation des sols en utilisant des solutions agroécologiques qui vulgarisent des systèmes et mode de fertilisations respectueuse de l’environnement.
Il s’agit d’évaluer l’effet de cinq biofertilisants sur le rendement d’oignon et sur le sol. L’étude vise à promouvoir les pratiques agroécologiques et formuler des recommandations pertinentes pour une agriculture plus efficace. Plus spécifiquement, il s’est agi de comparer l’effet de ces différents biofertilisants sur le rendement de l’oignon et de comparer leurs effets sur la fertilité des sols. L’étude a été mener à Roumtenga, dans la ferme agroécologique ABNA. Le dispositif utilisé était le Bloc Complètement Randomiser (BCR), avec six (06) traitements et quatre (04) répétitions : T0 (Témoin), T1 (bokashi), T2 (compost aérobie), T3 (fumier recyclé), T4 (supermagro), T5 (lifofer). La parcelle d’expérimentation comportait au total 24 micro-parcelles de 3m2. Au début et à la fin de l’étude des prélèvements de sol ont été effectués suivant les diagonales, pour analyse au laboratoire afin de voir l’effet des biofertilisants sur la fertilité des sols. Avant la mise en place de l’essai, une enquête a été faite pour déterminer les cinq biofertilisants utilisés lors de cette étude. Les données agronomiques collectées étaient la hauteur des pieds, le diamètre au collet, le nombre de feuille, le poids des bulbes après récolte.Cette étude a révélé que pour les biofertilisants solides (compost, bokashi, fumier recyclé), le compost a donné les meilleurs rendements avec 2,56 kg/ha contre 2,46 kg/ha pour le bokashi et 1,72 kg/ha pour le fumier recyclé et 0,68 pour le témoin.
En ce qui concerne les fertilisants liquides (supermagro, lifofer), le plus grand rendement a été obtenu avec le supermagro avec 1,62 kg/ha contre 0,93 pour le lifofer et 0,68 pour le témoin. On constate alors, que les biofertilisants liquides ont donné de meilleur rendement par rapport aux biofertilisants solides. L’étude a été mené a dans des conditions pas trop propices à la culture de l’oignon et le sol était très argileux ceux qui a beaucoup influencé les résultats obtenus. Ils ouvrent ainsi donc les perspectives d’approfondir l’étude en tenant compte des variations saisonnières, des types de sol et des variétés d’oignon.
Aurélie prépare sa soutenance et ses travaux contribueront à améliorer les pratiques agricoles au niveau paysans.
Boubacar Sontonnooma SINARE, étudiant en Master 2 à l’Université Nazi BONI (UNB), mène ses recherches sur « les Effets de différentes formulations de compost enrichi sur les paramètres de croissances du niébé [Vigna unguiculata (L.) Walp.] et les paramètres physico-chimiques du sol dans le village de Roumtenga, Burkina Faso ».
Boubacar conduit ses recherches dans un contexte où l’agriculture maraîchère est essentielle pour l’alimentation et l’économie rurales au Burkina Faso, mais la dégradation des sols menace fortement la productivité agricole. Face à cette situation, les techniques de gestion durable, notamment l’utilisation de compost enrichi en microorganismes efficaces produit localement (EM), constituent une alternative prometteuse pour restaurer la fertilité des sols. Son étude vise ainsi à contribuer à la gestion durable des sols dans les périmètres maraîchers. Plus spécifiquement, il s’est agi de produire du compost enrichi aux microorganismes efficaces en utilisant des matériaux locaux et d’en évaluer son effet ainsi que d’autres types de fertilisants sur la fertilité des sols en condition de culture.
Le dispositif expérimental mise en place à cet effet est un bloc complètement randomisé avec 5 traitements et 4 répétitions. Ce sont : Traitement témoin (T0) ; Compost aérobie simple (T1) ; Compost enrichi au Trichoderma (T2) ; Compost enrichi aux microorganismes efficaces locaux (T3) et le Bokachi (T4). Les paramètres tels que le diamètre et la hauteur des plants, les biomasses aériennes et racinaires, la nodulation du niébé ont été mesurés. Les teneurs en éléments fertilisants ont été déterminées en début et à la fin de l’expérimentation.
Les résultats ont montré que les traitements au compost enrichi aux microorganismes efficaces produit localement (T3) et ceux du compost enrichi au Trichoderma (T2) ont donné les meilleures croissances et les biomasses aériennes les plus importantes. La nodulation du niébé a été influencée significativement par l’utilisation du compost enrichi aux microorganismes efficaces produit localement. L’analyse chimique des sols a indiqué une augmentation de la teneur en matière organique qui est passée de 1,38 % à 1,75 % et de celle en N, P et K du sol. Ces résultats confirment le rôle déterminant des composts enrichis dans la restauration et le maintien de la fertilité des sols agricoles et soulignent leur potentiel comme alternative durable aux fertilisants chimiques pour améliorer la productivité des sols au Burkina Faso.
Boubacar prepare sa soutenance et ses travaux contribueront à améliorer les pratiques agricoles au niveau paysans.
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