63 responsables, 3 sessions, 1 objectif : en finir avec les dossiers éparpillés en Mauritanie

  • 63 responsables, 3 sessions, 1 objectif : en finir avec les dossiers éparpillés en Mauritanie

Du dossier papier au dossier numérique : en deux semaines, 63 directeurs et responsables RH des hôpitaux et des directions régionales de la santé ont appris à piloter le Système d'Information de Gestion des Ressources Humaines (SIGRH) du ministère de la Santé. Récit d'une étape clé avant la mise en production, prévue en novembre 2026.

Un agent de santé change de poste, part en congé, est mis à disposition d'une autre structure. Jusqu'ici, chacun de ces gestes laissait une trace éparpillée entre des fichiers Excel, des courriers et des mémoires. Demain, il laissera une seule trace : celle du SIGRH.

Pourquoi un SIGRH ?

Piloter un système de santé, c'est d'abord savoir qui travaille où. Or, sans données fiables sur le personnel, la planification stratégique, la répartition équilibrée des soignants et la gestion des carrières restent difficiles.

Le SIGRH répond à ce besoin. Développé par le ministère de la Santé avec l'appui technique d'Enabel et le financement de l'Union européenne, il centralise les données du personnel, suit les mouvements des agents et harmonise la gestion dans tout le pays. Il ne s'agit pas d'un simple logiciel : c'est une nouvelle façon de gérer, documenter et valoriser les ressources humaines du secteur.

Presque deux ans de préparation

Le chantier a démarré en janvier 2024. Il a fallu paramétrer le système selon les procédures de la Direction des Ressources Humaines (DRH), nettoyer et structurer les bases de données existantes, puis aller à la rencontre des agents.
  • Un système fait sur mesure : filières, corps, grades, échelons et affectations ont été paramétrés selon les règles RH du ministère.
  • Un dossier unique par agent, avec un identifiant unique qui garantit la cohérence et la traçabilité des mises à jour.
  • Une enquête de terrain : dans toutes les wilayas, des missions d'enrôlement ont permis de vérifier et d'actualiser les données des agents, avec collecte biométrique. À Nouakchott, les équipes de la DRH et de la DPTCES ont visité les établissements hospitaliers de mai à juillet 2026.
  • Des agents informés : brochures et supports de communication ont accompagné ces missions, et les agents enrôlés ont reçu les informations pour accéder à leur espace personnel.

Trois sessions, deux semaines, tout le pays


Le système étant prêt, restait à former celles et ceux qui le feront vivre. Chaque structure a envoyé deux personnes : son directeur et le responsable RH appelé à utiliser le SIGRH au quotidien. Le principe était simple : mêmes personnes, deux jours complets, un parcours progressif.

À chaque session s'ajoutaient des représentants de la DRH et de l'équipe technique d'Enabel, pour répondre aux questions en direct.

Les sessions des wilayas devaient d'abord prendre la forme d'une mission itinérante. Faute de pouvoir la réaliser, la formation a été centralisée à Nouakchott, en groupes réduits, pour laisser plus de place aux exercices pratiques et à l'accompagnement individuel.

Deux jours, les mains dans le système

Pas de grands discours : la formation était pensée pour manipuler. Présentations courtes, démonstrations directement dans le SIGRH, exercices pratiques, études de cas inspirées de la vie des DRS et des hôpitaux.
  1. Jour 1 : prise en main. Connexion, profils utilisateurs, droits d'accès, sécurité et confidentialité ; recherche et consultation des dossiers des agents ; lecture du tableau de bord RH (effectifs, répartition, indicateurs) ; qualité et fiabilisation des données.
  2. Jour 2 : opérations RH. Congés, affectations, mises à disposition, disponibilités ; circuit complet d'une opération (initiation, traitement, validation, suivi) ; cas pratiques intégrés ; préparation à la mise en production.
Un point d'attention : les circuits de validation. Chaque démarche suit un parcours défini par le ministère, et chaque étape est tracée dans le système.

Ce que le SIGRH change concrètement

  • Pour les directeurs : un tableau de bord pour suivre leurs effectifs et décider sur la base de chiffres à jour, pas d'estimations.
  • Pour les responsables RH : des opérations traitées au niveau de la structure, avec un statut visible à chaque étape.
  • Pour les agents : un dossier complet, consultable depuis leur espace personnel, et des démarches qui passent progressivement par un canal de référence.
  • Pour le ministère : une base unique, des données fiables, et de quoi mieux répartir le personnel de santé.
Sécurité à tous les étages : accès par rôles, journalisation des actions, sauvegardes automatiques et chiffrement des comptes. Chaque point focal ne voit que le périmètre dont il a la charge.

À ce stade, le SIGRH concerne les agents fonctionnaires et contractuels de l'État intégrés dans le système. L'intégration des contractuels propres à chaque établissement viendra dans une phase ultérieure.

Et maintenant ?


Avec ces trois sessions, les directeurs et responsables RH des hôpitaux de Nouakchott et des huit wilayas disposent des bases pour utiliser le SIGRH dès l'ouverture de leurs accès, prévue en novembre 2026. Les habilitations seront attribuées aux points focaux RH désignés dans chaque DRS et chaque établissement.

Le plus dur commence : faire vivre l'outil. L'expérience du projet le montre : la qualité du système dépend de la qualité des données, et sa durabilité d'une gouvernance régulière et de la montée en compétence des équipes. Les participants connaissent désormais les canaux pour solliciter l'appui de la DRH et de l'équipe technique en cas de difficulté.

Le pari est lancé : un ministère qui sait en temps réel qui soigne, où et comment, c'est un système de santé mieux piloté, et des patients mieux servis.

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